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J’ai couru vers le Nil de Alaa El Aswany

22 décembre 2018

J’ai couru vers le Nil

Alaa El Aswany

Traduit de l’arabe (Egypte) par Gilles Gauthier

Actes sud

2018

432 pages

 

 

 

J’ai découvert Alaa El Aswany et son immeuble Yakoubian il y a deux mois. J’ai adoré son écriture et je me suis forcée à attendre un peu avant de me replonger dans son univers avec ce dernier roman.

Cette fois, nous sommes en 2011 au moment de la révolte sur la place Tahrir. On suit de nombreux personnages qui vont se croiser d’une manière ou d’une autre. Chacun à sa façon va vivre ce moment historique, de l’officier de police à l’étudiant en médecine, de la fille du premier à la servante d’un vieil acteur de seconde zone. C’est foisonnant, c’est riche, c’est puissant. Les pensées des uns et des autres sont exposées sans jugement de la part de l’auteur, au lecteur de se faire sa propre opinion, à la lecture des arguments des uns et des autres. Les sentiments contradictoires des personnages tiraillés entre leur famille, la religion et leur aspiration politique sont parfaitement décrits. Et quand l’auteur verse dans l’ironie voire dans le sarcasme, le lecteur jubile, lorsqu’il présente cette femme journaliste sensée être une musulmane pieuse et dont les actes s’inscrivent (soi-disant) dans le respect de la religion, comme c’est bon.

Cet auteur est un maître dans l’art d’entremêler histoires intimes, personnelles et Histoire de l’Egypte et des Égyptiens. Son écriture est romanesque à souhait et en même temps, il ose dénoncer les exactions de ce régime totalitaire, à travers ses personnages si charismatiques. Son roman, interdit en Egypte est un témoignage important, nécessaire, surtout quand on sait que l’auteur a participé à cette révolution mise à mal par le pouvoir militaire. Le lecteur suit la progression de la révolution à travers les espoirs des jeunes, mais aussi à travers la théorie du complot exploitée par le pouvoir, et donc à travers la contre révolution orchestrée par les généraux. Et l’auteur ne nous épargne ni les violences, ni les souffrances, ni les humiliations de tous ces gens qui ont espéré accéder à un régime démocratique.

El Aswany est un grand écrivain, aussi bien pour magnifier les rapports amoureux grâce à son écriture voluptueuse que pour dénoncer l’obscurantisme propagé par les frères musulmans et tous les religieux influents du pays grâce à son écriture fluide et efficace.

Plonger dans un roman de Alaa El Aswany, c’est être assuré de passer un excellent moment tout en étant dépaysé, et en élargissant sa connaissance du monde arabe.

Il faut lire ce roman !

 

28 commentaires
  1. eh bien, l’auteur t’a conquise! Il faut que je trouve un moment pour le lire.

  2. A_girl_from_earth permalink

    J’avais a-do-ré L’immeuble Yakoubian !! Lu il y a fort longtemps, j’envisageais même de le relire un jour mais son dernier pourrait bien m’intéresser aussi !

  3. aifelle permalink

    J’ai entendu une interview de l’auteur à la sortie de son livre, et je l’avais trouvé très intéressant. Je vais voir s’il est arrivé à la bibli.

  4. Je vais commencer par « l’immeuble Yacoubian » qui est dans ma PAL depuis un moment
    celui-ci va sûrement suivre, vu l’enthousiasme des critiques 🙂

  5. Comme toi, j’ai adoré  » L’immeuble Yacoubian « , j’avais noté celui-ci, je souligne !

  6. Bonjour Krol, j’adore ce romancier, j’en ai lu deux de lui. J’ai noté ce roman à emprunter en bibliothèque. Très bon Noël et bon réveillon de fin d’année.

  7. je ne connais pas encore cet auteur, je note donc!

  8. J’avais beaucoup aimé L’immeuble Yakoubian, alors pourquoi pas.

  9. J’avais aussi beaucoup aimé l’immeuble Yacoubian ! je note donc ce titre…

  10. Je n’ai pas encore lu celui-ci, mais beaucoup aimé les précédents. Un livre de plus en attente, donc !

  11. Oh, un autre livre de Alaa El Aswany! Je le note sans hésiter!
    Daphné

  12. J’avais aussi aimé L’immeuble Yacoubian ( je crois te l’avoir mis en comm’ d’ailleurs)
    Et je ne m’étais pas renseignée sur ses autres livres…erreur! 😉

  13. « L’immeuble Yacoubian » est presque un classique, je note celui-ci.
    El Aswany est aussi l’auteur de « Extrémisme religieux et dictature. Les deux faces d’un malheur historique », chroniques intéressantes.

    • J’ai découvert cet auteur cette année avec deux romans et je ne compte pas en rester là. Merci pour la référence.

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