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Olive Kitteridge, Elizabeth Strout

22 janvier 2022

Olive Kitteridge, Elizabeth Strout, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierre Brévignon, Editions écriture, 2010 et 2012 pour la version poche

« Le printemps était magnifique, c’en était injurieux. »

13 chapitres comme 13 nouvelles. Le fil conducteur est la petite ville imaginaire de Crosby, dans le Maine. J’aurais pu dire que c’était le personnage d’Olive. Oui aussi, mais pas que. D’une part, parce qu’elle n’est pas présente dans tous les chapitres et quand elle l’est, elle l’est parfois à la périphérie, mais aussi parce que chaque chapitre est une histoire à part entière, une tranche de vie d’un couple, d’une personne seule, d’une rencontre… Ce sont tous des anti-héros ou des héros ordinaires, des personnes comme vous et moi, sans aucune particularité, des personnes simples.

L’auteure s’attache à décrire leurs relations, leurs émotions, leur difficulté à communiquer, à être.

Ce roman pourrait s’appeler « contes de la vie ordinaire », sa construction est originale, son écriture est vive, alerte et précise. Fine et subtile.

Et puis, il y a Olive ! Un personnage qui parait d’abord monstrueux, antipathique à souhait, détestable mais qui révèle ses failles à chaque tableau. Un être d’une grande complexité comme chacun d’entre nous. Et si parfois, elle nous glace et nous terrorise, parfois elle nous touche, à quelques phrases d’intervalle, elle nous bouleverse, et on a envie de lui dire « mais casse ta carapace, laisse-toi aller ! »

C’est tout sauf un roman binaire, il n’y a pas les bonnes personnes et les mauvaises personnes, il y a les gens avec leurs qualités et leurs défauts, avec ce qu’ils essaient de faire de leur vie, avec leurs faiblesses et leurs peurs qui les rendent stupides, méchants, ou tout simplement maladroits. C’est vraiment très finement vu !

Et j’en reprendrais bien une dose avec la suite Olive, enfin.

« Oh ! Toutes ces choses que les jeunes ignorent… Ils ignoraient que les corps flasques, vieillissants, fripés, connaissent le désir tout autant que les jeunes corps fermes, et que l’amour ne peut pas être traité à la légère, comme une vulgaire tartelette présentée parmi d’autres sur un plateau de desserts qui repasse sans cesse. Non, si l’amour était à portée de la main, il fallait s’en saisir ou y renoncer. »

Et je participe ainsi à l’Objectif PAL d’Antigone.

38 commentaires
  1. uneviedevantsoi permalink

    J’ai beaucoup aimé aussi, même ressenti! Je lirai la suite mais pas tout de suite 😉

  2. aifelle permalink

    Il a quelque chose d’original ce personnage d’Olive, nous y succombons toutes … puisque tu es dans l’ambiance fonce pour la suite, c’est encore mieux.

  3. Je viens de me le procurer grâce à l’engouement de Hop sous la couette….. Ça promet

  4. Et bien pourquoi pas, même si sans urgence. Ce que tu dis du personnage d’Olive me donne envie de le rencontrer !

  5. C’est sympa que tu découvres (enfin, oserai-je dire) Olive ! J’avais beaucoup aimé ce personnage. (je lirai Olive, enfin, bien sûr)

  6. Oui, un sacré personnage que cette Olive ! Mais tu as raison de le souligner, ce roman est aussi une chronique de vies dans une petite ville, et j’avais bien aimé cet aspect tranches de vies dans un même espace temps, où Olive apparait, ou pas.

  7. keisha41 permalink

    J’aimerais aussi lire Olive, enfin… C’est bien, hein, cette auteure!

  8. Oh il y a une suite. Ton billet m’embarque déjà dans cette histoire.

  9. J’ai lu ton billet en diagonale, car il m’attend.. est-ce que tu as vu que j’avais répondu à ton message sur FB concernant les LC ?

  10. hummm tu n’en dis que du bien ! baguette magique, je n’ai pas et ma bibli ne connaît pas ce roman, frustration 🙂 !

  11. Je n’en avais jamais entendu parler !

    • Oh ! C’est fou, ça ! Mais tu lis plus facilement de la littérature française, me semble-t-il…

      • C’est vrai. Et quand je lis de la littérature étrangère, je vais beaucoup plus volontiers vers les auteurs italiens, espagnols, grecs, latino-américains ou indiens.

  12. J’ai tenté de le lire, mais il a fini par me tomber des mains : une fois posé, je n’ai pas eu envie de retourné lire la vie des habitants de cette petite ville.

    • Ce sont des choses qui arrivent… Décidément, en ce moment, nous n’aimons pas les mêmes livres…

  13. luocine permalink

    je l’ai mis dans une liste et je vais forcément le lire un jour …..

  14. Ah, ça valait le coup que je sorte un moment de mon hibernation léthargique! Je suis ravie!
    Olive, évidemment. Pour son côté hérisson qui se laisse de plus en plus apprivoiser. Mais aussi pour tous ces autres personnages, jamais noirs ni blancs. La nuance, chez cette auteure, m’enthousiasme beaucoup.
    Sur ce, je retourne à la réparation laborieuse de mon blogue. J’en ai encore pour au moins une semaine. Je revois les 420 articles pour la photo et la mise en forme. Le calvaire en vaudra le coup. J’ai failli tout abandonner et me contenter d’Instagram. J’ai plutôt relevé mes manches. Mais pendant ce temps, je ne visite plus mes blogues préférés, je lis moins et je ne rédige pas les livres en attente. Je vise mi-février pour que ma petite routine douillette soit au top!

    • Et bien heureusement que tu n’as pas abandonné ! Je préfère le blog aux articles sur Instagram ! Et j’attends ton retour avec une impatience folle ! A tout bientôt alors sur ton blog !

  15. J’ai mis la main dessus récemment et j’ai hâte de faire la connaissance de cette fameuse Olive !

  16. Bonjour Krol, après Aifelle, tu es la deuxième personne qui écrit un billet flatteur sur ce roman. Je l’ai noté. Bon dimanche.

    • Il y a beaucoup de billets flatteurs sur Olive… mais peut-être sont-ils sur des blogs que tu ne visites pas… Bonne soirée !

  17. ça y est je viens de finir !! quel réjouissant roman !! je partage pleinement ton avis… 🙂

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