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Ici n’est plus ici de Tommy Orange

21 septembre 2019

Ici n’est plus ici

There there en version originale

Tommy Orange

Traduit de l’américain par Stéphane Roques

Albin Michel

334 pages

Août 2019

 

 

Prologue et entracte donnent le ton, ces deux chapitres (au début et au milieu du roman) replacent les événements romanesques dans leur contexte, ils éclairent, ils informent, ils règlent leurs comptes, ils sont essentiels à la bonne compréhension de l’ensemble.

Dans ce roman, une douzaine de personnages, tous d’origine amérindienne, tous urbains, évoluent autour de la ville d’Oakland, ne se connaissent pas forcément, vont se croiser, ou pas, mais se retrouveront tous au grand pow-wow (pour des raisons très différentes), et cet ultime lieu scellera leur destin commun.

Rien dire de plus sur ce roman qui, de toute manière, est difficilement racontable puisqu’il est la somme de plusieurs histoires.

Tommy Orange dit le mal-être des Amérindiens d’Oakland, il raconte leurs déboires, leur dépendance à l’alcool ou à la drogue, leur violence, leurs désillusions, et tout ça sans aucun misérabilisme et c’est là qu’il est très fort. Ses portraits sont d’un réalisme puissant et projettent en nous des images fortes, marquantes.

Il interroge sur l’identité amérindienne. Que signifie être indien ? On regroupe par facilité des tribus très diverses. Comment parler d’un seul bloc quand ils ont tous des parcours différents, entre celui qui a une mère blanche et un père indien, ou celui qui est l’enfant d’une femme qui s’est suicidée, ou ceux qui sont nés en état de manque d’une mère droguée…

Roman très contemporain, loin de l’image des indiens parqués dans une réserve, il nous donne à réfléchir. Lorsque les personnages se regardent dans une glace, ils ne se reconnaissent pas. Il faut peu de mots à Tommy Orange pour dire le mal-être de ses personnages, une image, un échange, un souvenir, nul besoin pour lui de délayer, d’expliquer, de développer pour que le lecteur éprouve ce que ressentent les personnages.

Ce roman se mérite, il n’est pas facile de naviguer dans ses multiples histoires et je suis bien contente de ne pas l’avoir lu sur liseuse, car il m’a fallu pléthore d’allers et retours dans les pages pour faire le lien entre les personnages, pour me souvenir d’eux. J’ai relu certains passages, à plusieurs reprises. La lumière ne s’est pas allumée à tous les étages de ma compréhension immédiatement.

Cette histoire est une tragédie indicible, elle est incroyablement douloureuse, pessimiste. Et si au bout du tunnel il n’y avait qu’une mare de sang…

Avec ce premier roman ambitieux, Tommy Orange a tapé très fort !

 

J’ai acheté ce roman à sa sortie grâce à l’article d’Autist Reading qui l’avait lu en version originale l’an dernier.

 

 

 

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32 commentaires
  1. il me fait aussi de l’oeil celui-ci !!!

  2. J’ai déjà noté ce titre, car comme tu le soulignes, que signifie être indien lorsque les histoires individuelles sont si diverses qu’il n’a plus d’histoire commune ?

  3. A_girl_from_earth permalink

    Noté chez Autist Reading aussi. J’espère pouvoir le caser très vite car le sujet m’intéresse énormément.

  4. Très intéressée aussi, mais bon, il va falloir que je me calme ! 😉

  5. Intéressée, le roman sera à la bibli.

  6. Je suis en pleine lecture autochtone en ce moment …. Je termine La note américane et Ici n’est plus ici est le prochain……. Donc je lirai ta chronique après 🙂

  7. Mon plus gros coup de coeur de cette rentrée (jusqu’à maintenant!)

  8. Je suis contente de lire que tu l’as apprécié ! Et oui comme tu dis,il se mérite !

  9. Superbe ce roman. Tommy Orange est un gars qui en a sous la plume !

  10. Je l’ai déjà noté, quant à savoir quand je pourrai le lire, c’est une autre histoire. Ma connaissance des Amérindiens a fait un bond en avant depuis que je vais au festival America, mais on n’en saura jamais assez (contrairement à toi, je ne trouve pas pratique les retours en arrière sur liseuse, j’aime mieux le faire sur papier).

    • Dis donc, toi, tu n’aurais pas lu mon article un peu rapidement ? Je disais qu’heureusement que je ne l’avais pas lu sur liseuse !!! Moi aussi je trouve plus pratique de revenir en arrière avec un roman papier.

  11. un superbe roman en effet!

  12. luocine permalink

    et dire que je pensais ne pas noter grand chose avant d’écluser mess listes, mais …. il faut dire que l’histoire des amérindiens est particulièrement d’actualité, dans notre monde où on s’interroge sur notre rapport à la nature.

  13. Et en plus ça finit mal !

  14. Je suis super content que tu soies aussi tombée sous le charme de cette superbe histoire.
    Merci beaucoup pour le lien 😉

  15. aifelle permalink

    Oups, oui, j’ai dû lire un peu vite, je viens d’aller relire et c’est clair ! J’étais étonnée aussi que tu dises cela, parce que je commence tout juste à lire sur liseuse et je ne suis pas sûre de m’y faire ..

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