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Le sourire étrusque de José Luis Sampedro

17 avril 2019

Le sourire étrusque

José Luis Sampedro

Editions Métailié

Traduit par Françoise Duscha-Calandre

1994

 

 

 

 

« Laisse-moi te guider, mon tout petit ! Je te mettrai sur la bonne voie pour escalader la vie, qui est dure comme la montagne, mais qui te remplit le cœur quand tu es au sommet ! »

J’ai lu ce livre grâce à Delphine. Dans un tag, elle en a parlé comme d’un joyau caché… Il était à la médiathèque ! Mais pas dans les rayons, à la réserve ils sont allés le chercher, vieux, abîmé, tâché, mais sortable. Quelle chance !

Un grand-père calabrais malade, va apprendre à se connaître grâce à son petit-fils. Une sorte de quête initiatique pour le troisième âge !

Ecrit par un espagnol, il se situe en Italie… Paradoxe rigolo.

Le roman est raconté du point de vue du vieil homme et c’est ce qui en fait tout le charme. C’est un homme rustre, macho au possible, qui a combattu les fascistes, et qui a un regard sur la vie citadine et sur l’éducation des enfants pour le moins original et naïf. Il y a donc plein de passages très drôles et d’autres très émouvants.

Le petit-fils va « ramollir » l’homme, va faire tomber le masque du vieil homme bourru et en même temps va lui permettre de donner un sens à sa fin de vie.

C’est aussi dans la transmission intergénérationnelle, à travers ses souvenirs que le lecteur va comprendre qui est réellement cet homme et finira d’apprendre à le connaître dans ce que son fils révélera sur lui. Les moments du passé sont succulents, ils apportent une dimension profonde au roman, ils ancrent le récit dans l’Histoire et dans le patrimoine culturel du sud de l’Italie. J’avais vraiment l’impression que ce livre avait été écrit par un italien !

Et cerise sur le gâteau, le vieil homme va découvrir l’amour, non pas physique (il ne peut plus à cause de la Rusca, comme il nomme son cancer), mais un amour qui va renverser ses certitudes sur les rapports entre les hommes et les femmes.

Un roman drôle, émouvant, tendre. Oh bien sûr, je n’aurais pas aimé être la belle-fille d’un tel homme ! Cependant, j’ai adoré ses réflexions, ses étonnements face à la vie moderne, ses brusqueries, ses incompréhensions, ses maladresses et ses histoires sur un sud de l’Italie où les vieux se battent pour vivre et ne surtout pas mourir avant leurs ennemis…

« Tu vois, mon petit camarade, je ne suis plus sûr de ce dont j’étais sûr. Dieu n’a pas bien fait les choses, on devrait vivre autant de fois que les arbres qui, après une année mauvaise, font de nouvelles feuilles et recommencent à vivre. Pour nous autres, un seul printemps, un seul été et au trou…C’est pour ça que tu dois dès maintenant bien former tes branches. Moi, je suis né sur du caillou et je ne me plains pas, j’ai réussi à me dresser tout seul. Mais j’aurais pu fleurir mieux… »

Un beau livre, assurément !

29 commentaires
  1. keisha41 permalink

    Je te comprends, je l’ai commencé et abandonné, l’exemplaire de la bibli étant dans un état dégoûtant, beurk, que font les gens quand ils lisent?

  2. j’ai adoré ce roman , je l’ai lu à sa sortie (à la bibliothèque aussi!) l’émotion que j’ai ressentie alors est toujours présente,rien qu’en évoquant ce texte:-)

    • J’ai l’impression que beaucoup l’ont adoré effectivement.

      • je trouve qu’on en parle trop peu … Sa la BM à l’époque je serais passé à côté peut-être…

      • Heureusement que les blogs parlent de temps en temps de livres plus anciens que les derniers parus…

  3. Centrino permalink

    Lu il y a des années. Un beau souvenir – bise 🙂

  4. Il semble dans deux biblis du réseau, je le note donc !

  5. Quel bonheur de te lire ! Au-delà de l’histoire singulière et tendre de ce vieil homme avec son petit-fils, j’avais vraiment trouvé que ce livre a une dimension universelle. Le monde qui vous échappe quand on vieillit, l’accepter ou pas, accepter ses différences au sein de la famille, la transmission, l’amour… Tellement de justesse dans ce roman ! Merci à toi pour cette belle lecture !

    • C’est chouette les blogs et les tags ! 😉 Sans ton article je n’aurais pas découvert ce roman. Merci à toi !

  6. aifelle permalink

    Il y a trois exemplaires dispo à ma bibli. Je pense qu’ils sont dans un état très correct, tu me donnes envie de tenter.

  7. luocine permalink

    j’ai adoré cette lecture, je me souviens bien de mon émotion et même du récit .Comme toi, j’avais été étonnée que ce soit un espagnol qui écrive ce livre tellement italien!

  8. Bonjour Krol, c’est un roman très recommandé par les libraires. Toujours pas lu mais j’y pense. Bonne journée.

  9. Il est dans ma PAL celui-ci…Du coup, grâce à ton article, il remonte en flèche ! bon we

  10. A_girl_from_earth permalink

    Aah je l’avais noté il y a bien 15 ans celui-là. Je m’en souviens bien car une amie m’en avait parlé comme un véritable coup de coeur à l’époque et ça m’avait tout de suite intriguée. Merci d’en parler car je l’avais complètement oublié depuis !

  11. alexmotamots permalink

    Une lecture qui me tente de plus en plus.

  12. Et puis un macho qui opère une reconversion du cœur ne peut que me plaire 😉

  13. victoria horton permalink

    oui c’est un livre attachant. Mais quand même, un peu trop manichéen (les bons paysans, la ville inhumaine…), un peu cucul finalement, non? Pourtant je le lis et j’ai bien l’intention d’aller jusqu’au bout. Magie du sourire étrusque, sans doute.

    • Je ne l’ai pas trouvé cucul… Le cheminement de cet homme macho qui croit avoir raison est intéressant et, resitué dans le contexte, est tout à fait crédible. Ce n’est pas manichéen, c’est le point de vue du vieil homme, ce n’est pas la réalité…

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