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Dans la forêt de Jean Hegland

22 avril 2017

Dans la forêt

Ecrit par Jean Hegland

Traduit de l’américain par Josette Chicheportiche

Publié par les excellentes éditions Gallmeister

Paru en 1996 aux Etats-Unis, en 2017 en France

300 pages

 

 

 

Un bijou ! J’ai adoré sans restriction !

Roman d’anticipation certes mais avant tout roman naturaliste. Le monde part à vau-l’eau et dans leur maison au fin fond de la forêt et à une cinquantaine de kilomètres de la ville la pus proche, deux sœurs se battent pour leur survie. Ce roman est un mélange des genres, entre La route (post-apocalyptique mais celui-ci est statique, il y a bien quelques fous qui pensent que l’herbe est plus verte ailleurs mais nos deux sœurs n’avanceront pas plus loin que dans la proche forêt), Robinson Crusoe (survie en milieu hostile),   Le mur invisible (isolement total), mais il a sa propre originalité qui tient aussi bien de son écriture que de son côté idéaliste, écologiste ou de son côté acte politique.

Quelle lecture ! Une écriture magistrale, des phrases lues et relues, une puissance évocatrice rare, des pages qu’on savoure avec délectation. Ce roman est excellent de la première ligne à la dernière. Rien de trop, de la justesse et de l’équilibre  et une fin qui ne pouvait être autre et qu’en même temps le lecteur n’attend pas. Fascinant !

Ce roman est le journal d’une des deux sœurs, et nous vivons leur quotidien, les interrogations, les doutes, les espoirs, les désespoirs, leurs disputes, leurs réconciliations,  et la fin du roman correspond à la fin du journal… Artifice classique mais qui n’en rend la lecture que plus naturelle.

L’être humain (la femme en l’occurrence ici) privé d’électricité et d’énergie fossile retrouve sa raison de vivre, redécouvre la nature et réapprend ce que les premiers hommes ont expérimenté avant lui. Il apprend aussi et surtout l’humilité. Il apprend à apprivoiser l’environnement hostile.

« Avant j’étais Nell, et la forêt n’était qu’arbres et fleurs et buissons. Maintenant, la forêt, ce sont des toyons, des manzanitas, des arbres à suif, des érables à grandes feuilles, des paviers de Californie, des baies, des groseilles à maquereau, des groseilles en fleurs, des rhododendrons, des asarets, des roses à fruits nus, des chardons rouges, et je suis un être humain, une autre créature au milieu d’elle. »

« Mais j’ai appris quelque chose que l’encyclopédie ne sait pas – quand la lune est croissante on peut l’atteindre et tenir délicatement sa courbe externe dans la paume de la main droite. Quand elle est décroissante, elle remplit la paume de la main gauche. »

Mais tout n’est pas simple, et parfois, l’envie de baisser les bras titille :

« C’est un besoin physique, plus intense que la soif ou le sexe. Á mi-chemin vers l’arrière gauche de ma tête il y a un point qui rêve de la secousse d’une balle, qui appelle ardemment ce feu, cette ultime déchirure vide. Je veux être libérée de cette caverne, m’ouvrir au bien-être de ne pas vivre. Je suis lasse du chagrin et de la lutte et des soucis. Je suis lasse de ma sœur triste. Je veux éteindre la dernière lumière. »

 

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25 commentaires
  1. Quel enthousiasme, je tournais un peu autour après avoir lu quelques avis, mais là, tu as achevé de me convaincre, bien que je n’ai pas du tout aimé La route. Ceci dit, ce roman semble bien différent d’après ton billet.

    • Tu n’as pas aimé La route ????? J’ai adoré ! J’espère que celui-ci te plaira, il est très différent.

  2. From the avenue... permalink

    aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah quel plaisir de lire que tu as aimé ! (tu avais intérêt hein !!! ;-)) Tes citations sont bien choisis, ça me replonge dans la lecture. Merci

    • Je rejoins ton enthousiasme quand tu m’en avais parlé ! Et tu avais raison, la fin ne pouvait être autre ! Un livre marquant ! J’ai beaucoup pensé à toi en lisant ce roman…

      • From the avenue... permalink

        cette fin est extraordinaire !!!

  3. Vous vous y mettez toutes : il est en haut de toutes mes listes. J’aime tes références sauf « la route »
    je vais le lire c’est sûr merci

  4. A_girl_from_earth permalink

    Hé bien, j’avais déjà noté l’enthousiasme des lecteurs pour ce roman mais le tien est particulièrement entraînant. Sûr et certain que je le lirai mais j’attendais un peu parce que je venais de sortir de Station Eleven quand cet autre roman d’anticipation commençait à faire parler de lui.

  5. étant donnée l’enthousiasme de la critique je vais me laisser tenter…

  6. Il fait partie de ma liste des rattrapages pour cet été… Je n’ai lu que de bons avis et ceux qui ont lu et aimé Station Eleven (comme c’est mon cas) me l’ont fortement conseillé également, ce que tu sembles confirmer.

  7. Je l’ai terminé il y a quelques jours et je n’ai pas encore écrit mon billet mais ce livre a été un énorme coup de cœur pour moi aussi.

  8. Je n’ai pas du tout aimé la fin mais pour le reste je me suis régalé.

  9. J’ai beaucoup aimé ainsi que Station eleven, mais bizarrement, je n’ai écrit de billet ni pour l’un ni pour l’autre… Je n’ai pourtant pas de restrictions à leur encontre.

    • Il va décidément falloir que je lise Station eleven… Il m’arrive souvent de ne pas faire de billets sur mes lectures (bonnes ou mauvaises).

  10. Youhouuuu !! Je suis ravie ! J’ai adoré ce roman, sans restriction non plus 😉

  11. Chouette, il est dans ma pile pour très bientôt !

  12. Je l’ai commencé hier !

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