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Petit pays de Gaël Faye

23 décembre 2016

petit-pays

Titre : Petit pays

Auteur : Gaël Faye

Editeur : Grasset

Date de parution : août 2016

215 pages

 

Attention, critique excessive !

Et bien voilà, un grand moment de solitude ! Ce roman, adulé de tous les critiques, de tous les bloggeurs et de toutes les bloggeuses ne m’a pas émue un seul instant.

Je suis passée complètement à côté, le lisant avec ennui, tournant les pages sans conviction. Je n’ai trouvé dans l’écriture aucune  trace de poésie ou de talent quelconque. D’une grande platitude, me gardant à distance, je n’ai pas vibré, pas aimé. Bon, allez, si, il y a bien quelques phrases qui ont retenu mon attention… et plutôt vers la fin (mais c’était trop tard).

Etrangement, j’ai l’impression que ce roman (témoignage… ?) manque totalement d’authenticité. Total paradoxe (puisque l’auteur raconte son enfance au Burundi) et ceci est dû sans doute à l’écriture.

La première partie, surtout, est d’une longueur infinie, la description de ses années de jeunesse, des bêtises de gamins, sans couleur particulière, juste des mots alignés les uns à côté des autres pour faire des phrases sans grand intérêt.

Lorsque le coup d’état au Burundi arrive, on sent que l’écriture se fait un peu plus pressante, mais elle  n’a pas suscité chez moi beaucoup plus d’émotion. Les innombrables ellipses, la volonté de laisser de côté la violence (sauf dans les quarante dernières pages), la distance, m’ont empêchée de me plonger dans l’histoire. Et lorsque la narration marque un pas en avant, c’est en jouant sur la corde sensible, afin de susciter des larmes chez le lecteur. Là où tout le monde a vu un témoignage bouleversant,  je n’y ai vu qu’un artifice (le passage de la mère qui revient, contre toute attente… qui fait écho à la toute fin du livre…)

Serai-je dénuée de toute sensibilité, ou ce roman aurait-il été sur médiatisé, surestimé ?

Je m’attends bien sûr à une avalanche de commentaires stupéfaits, mais je n’y peux rien, je n’ai pas accroché.

Pour ma défense, j’ai tenté de le lire après Yaak Valley Montana, un premier roman américain d’une grande densité. Je l’ai abandonné, agacée par la pauvreté du style, j’ai enchaîné avec Le chant des plaines, un autre roman américain magistral. Je l’ai repris et me suis forcée à le finir (il fallait que je le rende à la médiathèque), mais sans conviction. Il est des livres qu’on ne devrait pas lire après d’autres…

Ma seule consolation : l’avoir emprunté et pas acheté.

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35 commentaires
  1. On en parle tellement, tout comme du dernier Goncourt, que je ne suis pour l’instant pas très tentée par leur lecture.

  2. luocine permalink

    Contente de lire ton billet très bien argumenté. Je n’ai pas encore lu ce roman mais je crois avoir lu quelques critiques négatives.

  3. je viens de le terminer et j’ai beaucoup aimé. mais je comprends ton argumentation.
    bien sûr cela dépend du livre qu’on a lu avant: après un chef d’œuvre on a du mal à apprécier car inconsciemment on compare.

  4. Je suis assez surprise de voir un billet négatif sur ce livre, que j’ai bien aimé pour ma part, sans qu’il ne me bouleverse pour autant. Mais je comprends ton avis, à ceci près que je n’ai pas trouvé Petit pays tire-larmes (et pourtant, je suis très sensible à cet argument du kleenex qui me fait souvent horreur !). Je pense que Petit pays est un bon roman, sans être exceptionnel : à mes yeux, il reste surmédiatisé et je ne comprends pas non plus l’attribution de plusieurs prix…

  5. Mouahaha c’est bien qu’il y ait enfin un avis négatif sur ce livre. Pour ma part, j’en ai bien trop entendu parler pour me précipiter sur lui…

    • Je suis un peu pareil, quand on parle trop d’un roman, je ne me jette pas dessus, mais celui-ci j’avais très envie de le lire pour le thème développé.

  6. Sandrine permalink

    Voilà trois livres que je pose sans les terminer… parfois, ça n’est pas le bon moment… faut croiser les doigts pour que ça ne s’éternise pas 😉

    • Oh la la, mauvaise série !!! Quand ça m’arrive, ça m’énerve ! et alors, je prends un livre d’un auteur que j’aime beaucoup !

  7. Mais non, tu n’es pas seule : je partage totalement ton avis ! Roman-témoignage , chef-d’oeuvre (je l’ai entendu aussi !) je m’interroge ? Gardons- nous de galvauder des termes qui dévalorisent la littérature si tant est que toutes les publications en soient.
    Pour un témoignage fiable, lisons la trilogie de Jean Hatzfeld : « Dans le nu de la vie », « Une saison de machettes », « La stratégie des antilopes ».
    Une lecture dont on ne sort pas indemne !

    • Cette trilogie, je veux la lire ! J’ai la stratégie des antilopes sur mes étagères, je vais acheter les autres !

  8. Ton avis me rassure : un tel consensus est suspect et m’a personnellement dissuadée de le lire !

    • Décidément, je ne pensais pas avoir autant de commentaires de personnes n’osant pas le lire à cause de la surmédiatisation !

  9. Bon, je ne l’ai pas lu (je l’ai eu en mains à la bibli, mais bah, plus ou pas envie, on en aurait trop parlé?); ton avis m’incite à y aller voir, après tout il est court.
    Et je constate que la littérature américaine a marqué des points, non?

    • La littérature américaine et anglaise est, pour moi, de qualité souvent très supérieure à la littérature française… Plus dense, plus profonde, moins nombriliste etc….

      • Entièrement d’accord ça ! Pour moi, et c’est un peu triste à dire, les écrivains anglais et américains sont très supérieurs aux auteurs français (à de rares exceptions près). La littérature anglo-saxonne a bien plus de souffle et d’ampleur. Je ne lis d’ailleurs pratiquement plus de contemporains français, mais je me suis tout de même laissée tenter par « Petit pays » et ô joie, ô bonheur, je peux enfin le dire sans risquer le lynchage : moi non plus je n’ai pas aimé. Merci pour cet article, grâce auquel je me sens moins seule dans cet océan de louanges et de critiques dithyrambiques.

      • Et bien moi aussi je me sens moins seule ! Et nous partageons le même goût pour la littérature anglaise et américaine vers laquelle je me tourne plus naturellement maintenant.

      • Avec ça*, désolée j’ai oublié un mot.

  10. Patrice permalink

    Très intéressant de voir que tu n’as pas soulevé des commentaires stupéfaits, bien au contraire ! Je commence à avoir du mal à lire des nouveautés, notamment celles mises beaucoup en avant. J’attends que le temps fasse un peu son oeuvre.

  11. Je ne m’étonne pas de son succès. Je m’en réjouis car je trouve que c’est une histoire forte. Loin d’être suffisamment puissante toutefois pour être primée au Goncourt (Tout comme le Slimani d’ailleurs.)
    Mais j’aime qu’il y ait des avis contraires, surtout quand le livre est très médiatisé.

    • Les avis contraires sont importants. Un livre ne peut faire l’unanimité ! Je suis parfois surprise quand quelqu’un n’aime pas un livre que j’ai adoré, mais c’est normal… Quant à ce roman, l’histoire aurait pu être forte si elle avait été bien écrite. C’est l’écriture qui m’a refroidie… mais ce n’est que mon avis… et puis lire Petit pays après deux pointures américaines… ça le fait pas !

  12. Je serais curieuse de savoir par quel processus ce livre a été autant mis en avant partout, au point de faire croire que c’est un chef d’œuvre, et de lui attribuer des prix… Je suis plutôt contente de voir un avis inverse, car je n’ai pas (plus) trop envie de le lire.

    • Mais ce n’est que mon avis ! Peut-être te plairait-il ? Il y a très peu d’avis qui vont dans mon sens.

  13. Ce roman ne m’a pas non plus laissé un souvenir indélébile et dans l’aventure des 68 premières fois, ce n’est pas le premier roman qui m’a le plus émue ou impressionnée, loin de là. Mais l’histoire et ce qu’elle permet de raconter de l’Histoire récente et dramatique d’un génocide qui en rappelle tant d’autres est suffisamment forte pour mériter tous ces projecteurs. Et si tous ces prix ouvrent les yeux et agitent les neurones d’un large public, alors tant mieux.

  14. Aucune de raison de te tomber de dessus à bras raccourci, tu expliques parfaitement ton ressenti.
    Il ne m’a jamais tenté ce roman, tu ne me feras évidemment pas changer d’avis 😉

  15. oh zut ! Ne t’inquiète pas, ça m’est déjà arrivé. Pour l’instant, j’attends ce roman qui m’est réservé à la bibliothèque… au moins je ne l’aurais pas acheté 🙂 Bon réveillon!

  16. Toujours pas lu mais il m’attend. Je vais commencer ma lecture sur la pointe des pieds, comme souvent quand un roman a été, à tort ou à raison, sur le devant de la scène…

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