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Sylvia de Leonard Michaels

10 janvier 2014

sylvia   Titre : Sylvia

Auteur : Leonard Michaels

Traductrice : Céline Leroy

Éditeur : Christian Bourgois

Date de parution : 7 janvier 2010

 

 

 

 

Ce texte est une autobiographie romancée de trois années de la vie de l’auteur (de 1960 à 1963). Années de vie commune avec Sylvia, sa première femme.

C’est le genre de livre qui me met mal à l’aise. La narration trente ans après de cette relation destructrice est remarquable parce que l’auteur ne se plaint jamais, n’accuse jamais Sylvia de folie, et parce qu’il montre bien à quel point le couple était englué dans une situation sans issue. Sans aucun recul, sans rien connaître de ce qu’est un couple « normal », l’auteur ne peut comprendre que son mariage est voué à l’échec et Leonard Michaels le décrit parfaitement bien.

Pourquoi ce roman me met-il mal à l’aise ? A cause de toutes les raisons évoquées plus haut, le lecteur est en empathie totale avec l’auteur et aimerait lui crier : « laisse-la tomber, elle te détruit, elle vous détruit, fuis ! » mais voilà, le lecteur ne peut qu’assister, muet et désemparé à la description de ce terrible amour qui a été vécu et sur lequel il n’a pas de prise bien sûr !

C’est glauque, c’est déchirant et trop bien écrit pour que le lecteur arrive à regarder la situation avec de la distance… L’auteur nous emmène dans sa vie, dans son univers, et nous noie avec lui…

Et puis cette pépite sur l’acte d’écrire :

« Écrire une histoire n’était pas aussi simple que de rédiger une lettre, ou de raconter une anecdote à un ami. Pourtant je pensais que cela aurait dû l’être. Tchekhov disait que c’était facile. Mais je produisais rarement une page entière en une journée. Les mots m’obsédaient, les relations étranges entre leurs sons, comme s’ils recélaient une musique, le chant bizarre d’un démiurge duquel émergeaient des images, des choses virtuelles, rues, arbres, gens. La musique allait crescendo comme si c’était elle l’histoire. Je devais laisser le champ libre, attendre le déclic, mais je n’y parvenais pas. J’étais un mauvais danseur, j’entendais la musique, j’effectuais les pas, mais j’étais incapable de me laisser emporter dans la danse. »

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9 commentaires
  1. un livre qui me tente (à cause de la couverture ?) et me tient à distance à la fois… ça ne semble pas gai, en tout cas.

  2. Centrino permalink

    Je dis ‘yes yes yes’! C’est un des rares livres empruntés en bibliothèque que j’ai acheté, tellement il m’avait marqué.
    De plus il nous fait réaliser la chance que nous avons de vivre entouré de gens qui nous font du bien.

  3. C’est un livre que j’ai lu, je l’ai trouvé intéressant à la lecture ! Mais avec le recul ce roman ne m’a pas marquée plus que cela.

  4. Ca ne parait pas gai en effet, mais je l’ai noté…

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