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Incidences de Philippe Djian

11 avril 2010

Quatrième de couverture : Une Fiat 500. Au volant, Marc. A côté de lui, sa plus jolie étudiante. C’est la nuit, ils foncent chez lui finir la soirée en beauté. Au petit matin, son goût prononcé pour les jeunes élèves de son cours d’écriture va soudain lui passer. A cause des routes de montagne ? Du néo-conservatisme ambiant ? Des crises de sa soeur ? Ou plutôt du charme des femmes mariées ? Marc ne saurait dire. Du moins, pour le moment…

Gallimard, 2010

Une vraie réussite !

Voilà un livre qui ne laisse pas le lecteur indifférent, et qui, je pense, laissera une large empreinte dans mon esprit.

D’abord, la première phrase du roman (que l’on sait essentielle pour cet auteur) avec sa musicalité, son rythme, est à elle seule un vrai petit bijou. « S’il y avait une chose dont il était encore capable, à cinquante-trois ans, par un grand soir d’hiver que blanchissait la lune et après avoir bu trois bouteilles d’un vin chilien particulièrement fort, c’était d’emprunter la route qui longeait la corniche le pied au plancher. »

On se laisse embarquer dans l’histoire avec une confiance totale, on suit Marc à travers les bois, à l’intérieur de cette crevasse dans laquelle il se débarrasse des corps et où il se réfugie régulièrement, « à l’abri de cette paroi humide et sombre, puissante, broussailleuse, moussue, hérissée comme le gosier d’un monstre. » On prend plaisir à fumer une cigarette avec lui, on ressent ses maux de tête, etc… on est plongé dans son univers et on est bien triste de refermer le livre pour la dernière fois.

Alors on l’ouvre à nouveau pour relire des passages, pour jouir du style parfait où tout est suggéré, avec une virtuosité incroyable, les fragments de la jeunesse du personnage surgissent comme des éclairs, la relation qui lie le frère et la soeur se dévoile très progressivement, et puis c’est aussi une histoire d’amour, une vraie, avec une femme mûre, on s’étonne avec Marc, lui qui n’avait jusqu’ici qu’accumuler les rencontres avec de jeunes étudiantes.

Il n’y a pas un mot de trop dans ce roman, chaque adjectif, chaque adverbe a sa place. Le texte est construit comme un puzzle dans lequel chaque pièce est nécessaire à la compréhension de l’œuvre finale.

Philippe Djian possède, incontestablement, la grâce !

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