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Présent ? de Jeanne Benameur

7 juillet 2010

Gallimard, 2008

 

J’ai beaucoup aimé…

Et pourtant, oui ce livre est loin du style des « demeurées »,

oui, certains personnages sont assez caricaturaux,

oui, cela ressemble à un conte de fée avec une fin heureuse : la lycéenne avec ses 5 de moyenne partout mais un vrai talent de dessinatrice, vit une histoire d’amour avec le délégué de la classe qui a osé un coup d’éclat au conseil de classe devant les yeux ébahis des professeurs et horrifiés de son père, et est, contre attente, admise à redoubler alors que la méchante professeur d’espagnol voulait l’envoyer en LP.

Mais, les points de vue de chaque acteur du collège sont intéressants, du factotum à la prof de SVT qui n’en peut plus d’être séparée de l’homme qu’elle aime, du prof de français qui décide un jour de lire un passage d’un livre de Kafka à ses élèves au lieu de faire cours de façon traditionnelle, à la documentaliste qui propose des ateliers d’écriture… On a ainsi une palette de portraits qui ne sont pas si éloignés que ça de la vérité…

 

J’ai retenu quelques passages qui m’ont touchée parce qu’ils sont très proches de mes convictions en matière d’éducation, certains diront d’instruction…

 

« Mais bon sang, s’il suffisait de débiter le programme on n’aurait pas besoin de nous ! Un ordinateur fait très bien l’affaire et il peut répéter sans s’énerver cinquante fois la même chose, il suffit de cliquer ! Alors quoi, enseigner c’est être présent, c’est être vivant, c’est regarder les autres en face, pas seulement son manuel scolaire ! Et ce que vit un môme chez lui, si tu l’ignores trop, ça te revient en boomerang dans la classe de toute façon parce que le môme aussi, c’est un être vivant, figure-toi ! »

 

« L’école se trompe dans la chronologie, c’est tout.  Il faut d’abord écrire, tranquille, puis tenir à ce qu’on a écrit suffisamment pour vouloir le partager. Alors on a besoin des codes d’une langue ; la grammaire, l’orthographe deviennent des choses nécessaires pour que les autres partagent le trésor du texte. »

 

Et ce passage qui me touche tout particulièrement, moi qui aime tant lire des romans, des textes, des poésies à mes élèves :

« Le professeur de lettres a mis en route leur imaginaire. Le texte est là pour ça. La littérature est là pour ça. Pas seulement pour étalonner les connaissances des uns et des autres. Mais pour leur permettre cet acte unique chez les vivants : créer des images qui n’existent pas, n’existeront jamais qu’au secret de leur tête. Dans cette liberté immense qui a permis de survivre à tant et tant d’humains privés de la liberté du corps. Et ce n’est pas pour rien que le premier geste des dictateurs est toujours de surveiller la lecture. »

 

Un roman que tous les enseignants devraient lire, loin des nouvelles mesures, des nouveaux programmes qui ne font pas la part belle à la réflexion mais aux automatismes, lire ce livre (avec ses défauts) pour se rassurer…

 

 

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