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Les accommodements raisonnables de Jean-Paul Dubois

16 octobre 2009

L’Olivier, 2008

De cet auteur, j’aime vraiment et définitivement Une vie française. Le style est enlevé, succulent… On savoure.

Dans ce dernier roman, on retrouve cette verve, ce ton, ce style, mais dans une histoire plus rocambolesque. J’ai bien aimé mais pas autant que l’autre.
J’ai aimé le début qui commence avec ces mots : « Je n’avais jamais aimé Charles Stern… » Nous assistons à l’enterrement de l’oncle de Paul, le narrateur (un type pas très sympathique). Au moment de la crémation du corps, le mécanisme tombe en panne. « Décidément, ton oncle nous aura fait chier jusqu’au bout. » dit le frère du mort au narrateur. Ce passage est cocasse et drôle.

Cependant, l’auteur oscille constamment entre humour et vision pessimiste de notre époque, et de la société Hollywoodienne, il escamote au passage notre président de la République (ce qui n’a pas été pour me déplaire), mais aussi les autres candidats aux élections présidentielles de 2007 (ce qui n’a pas été pour me déplaire non plus).

C’est l’histoire d’une année de la vie du narrateur très bien résumée par l’auteur lui-même à la fin du roman :

« Il me fallut un certain temps pour comprendre que ma famille venait de vivre une année singulière, une période que nous n’avions jamais connue jusque-là et qui nous avait tous amenés à nous enfuir droit devant nous, pareils à des animaux qui détalent devant un incendie. Mon père avait basculé le premier, Anna ensuite, et moi enfin… »

La femme du narrateur, dépressive, s’est réfugiée dans une cure de sommeil. Paul, le narrateur, va vivre quelques mois à Hollywood et rencontrer une femme qui est le sosie de la sienne, avec 30 ans de moins, qui cherche à s’échapper de la réalité, elle aussi, mais par le biais de stupéfiants. Et le père du narrateur, va se remarier avec la femme de son frère décédé et vivre de la même manière (dispendieuse et excessive) alors qu’il condamnait ce style de vie auparavant (le style « bling-bling » qui nous fait penser à… mais à qui donc ?…).

C’est l’histoire d’une famille dont tous les membres fuient d’une manière ou d’une autre, qui se quittent, se retrouvent, et s’accomodent… « Les accomodements raisonnables que nous avions tacitement conclus nous mettaient pour un temps à l’abri d’un nouveau séisme, mais le mal était toujours là, tapi en chacun de nous, derrière chaque porte, prêt à resurgir. » Eh oui, ce livre ne termine pas sur une note optimiste !

Donc, c’est un livre plaisant, agréable à lire, drôle et grinçant, pour passer d’agréables moments. Le petit bémol, je me suis parfois ennuyée lorsqu’il décrivait la vie à Hollywood, entre les scénaristes, les vieux acteurs et metteurs en scène qui tentent de se remettre en scène, un monde de malheureux qui se cachent derrière les apparences, des gens pitoyables mais sur lesquels l’auteur s’est un peu trop appesanti, à mon gré (car finalement, cela ne nous apprend pas grand-chose).

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