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Le délégué de Didier Desbrugères

2 décembre 2010

delegue

Début de la quatrième de couverture : Dans une vaste République jamais nommée, un homme s’apprête à prendre ses fonctions de Délégué. Un voyage en train de dix jours, en troisième classe, doit l’amener jusqu’au bout de la steppe et le bourg de Lurna. Alors le Délégué Josef Strauber pourra servir dignement l’Administration, remplir la mission qu’on lui a confiée et jouir des avantages de son rang.

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J’ai adoré ce roman. Splendide, littéraire, philosophique. Des phrases superbes, un style impeccable, j’ai suivi le personnage avec un intérêt croissant. Du grand art !

C’est le second « premier roman » de cette rentrée littéraire 2010 que je découvre et qui me laisse béate d’admiration. L’autre étant « Cent seize chinois et quelques ».

C’est un livre dense, profond, qui ouvre la voie à une réflexion sur la condition humaine, sur la notion de pouvoir, sur la nature humaine. On suit cet homme candide qui croit qu’il va pouvoir changer l’ordre des choses dans un pays où la corruption règne en maître, où l’injustice est reine, où les pauvres sont à la merci des puissants… on l’accompagne et on souffre avec lui, puis on le regarde de l’ extérieur parce qu’il s’enfonce dans la folie, parce qu’il s’éloigne de nous…

A lire absolument. Un livre qui marque parce qu’il n’est pas comme les autres, il est plus fort, il étourdit, il est magnifiquement écrit… Pas une ligne de trop, toujours le mot juste, la réflexion qui touche…

Un extrait court, tout mérite relecture….  :

« Il avait soif de reconnaissance, cette forme socialisée, a minima, de l’amour. D’aucuns la guettent dans le regard admiratif et redevable de disciples, d’autres, à l’inverse, dans la gratitude d’un maître satisfait. Certains vont au plus court et multiplient les conquêtes dans ce but unique. L’ego, tyran caché, nous manipule comme des marionnettes. »

Oh et puis, tiens, un autre extrait, pour le plaisir :

« Jouant avec une branchette de houx, le regard perdu dans la friche, il se disait qu’il faudrait bien un jour se rendre à l’évidence, l’homme est identique à ce qu’il était à l’aurore de l’humanité. Il n’a accompli aucun progrès, c’est-à-dire autre que technique. Les forces qui le dirigent restent inchangées. Dramatiquement. La lutte pour l’hégémonie, que d’aucuns baptisent pouvoir, demeure la loi. Elle n’est rien d’autre que la transposition de la lutte atavique autorisant le seul dominant à se reproduire, à transmettre de façon étendue ses gènes dans une recherche aveugle et exclusive de perpétuation. Dans l’univers évolué des hommes, les croyances et les doctrines remplacent les gamètes. La concurrence et la compétition sont les avatars civilisés des rivalités bestiales pour l’accès aux femelles, visant à s’approprier les biens au détriment des plus faibles, leur déniant le droit d’exister, de se perpétuer. »

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