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Des vents contraires d’Olivier Adam

23 novembre 2010

Éditions l’Olivier, 2009

C’est l’histoire d’un homme qui vit avec ses deux enfants. Sa femme a disparu depuis plus d’un an sans qu’il sache si elle est partie de son plein gré, parce qu’elle ne supportait plus de vivre avec un homme comme lui, ou s’il lui est arrivé quelque chose. Au début du roman, il déménage en Bretagne dans la ville de son enfance, espérant ainsi se ressourcer.

Mais ce n’est pas si simple que ça. Il est torturé, il va mal, ses enfants vont mal. Nous vivons ce mal-être au fil des pages. Comme d’habitude, Olivier Adam nous décrit des vies brisées par le chagrin, le malheur, des êtres qui vont tous plus mal les uns que les autres. Il y a de beaux portraits de personnages « secondaires », comme ce déménageur qui enlève son fils parce que sa femme ne veut pas qu’il le voie ou cet homme qui a tout perdu et qui  vit dans un mobile-home et à qui le personnage principal donne des leçons de conduite. Ensemble, ils dissertent sur le monde dans lequel ils vivent :

« On sombrait, le pays entier sombrait, c’est ce qu’il lui semblait et je n’étais pas loin d’être d’accord, quelque chose de moisi avait contaminé l’air, de vieux relents de travail famille patrie, assortis d’une impunité vulgaire, on triait les étrangers comme du bétail, on se gargarisait de quand on veut on peut et d’on a que ce qu’on mérite, on agitait son pognon sous le nez des pauvres, s’ils en voulaient plus ils n’avaient qu’à travailler plus, tout le monde voyait ça c’était comme le nez au milieu de la figure, il y en avait plein les journaux du monde entier mais rien n’y faisait, le peuple hypnotisé s’était laissé engourdir c’était trop tard, Il finirait bouffé le sourire aux lèvres, Et vous verrez qu’il en redemandera. »

Il y a aussi le personnage de Justine, jeune fille paumée qui va disparaître elle aussi…

J’ai aimé l’histoire, mais je n’ai pas été séduite comme dans ses autres romans, par son style que j’ai trouvé parfois trop « facile », il ne m’a pas convaincu, je n’ai vraiment apprécié que des passages, pas le livre dans son intégralité. Bref, un peu déçue mais pas complètement non plus. Je reconnais qu’Olivier Adam décrit parfaitement les gens malheureux, on se laisse même parfois sombrer avec eux, mais… le petit plus qui m’avait emballé dans ses autres romans était trop souvent absent. J’ai pourtant lu certaines critiques qui disaient que c’était son roman le plus abouti… mais je ne partage cet avis. J’ai, de loin, préféré  falaises et  A l’abri de rien.

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