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Là où chantent les écrevisses de Delia Owens

13 juin 2020

 

Là où chantent les écrevisses

Delia Owens

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Marc Amfreville

Seuil

Janvier 2020

480 pages

 

 

 

Oui, bon, ça y est, je l’ai lu, ce fameux roman que tout le monde porte aux nues tellement il est beau, tellement son héroïne est atypique et touchante. Je l’ai lu rapidement, c’est le genre de livre qu’on avale en deux temps trois mouvements, mais dont il ne reste pas grand-chose quelques jours après sa lecture.

C’est un livre très romanesque, qui ne pouvait que séduire le plus grand nombre. Tous les ingrédients du best-seller sont réunis : la sauvageonne dont tout le monde se moque, une histoire d’amour, un meurtre, un procès (celui de la fameuse fille des marais bien sûr), une belle fin heureuse, et une toute fin supposée être surprenante. On voit tout de suite le film qu’on va pouvoir en tirer. Le tire-larmes au milieu des marais.

Mais de quoi parle ce roman me direz-vous ?

D’une petite fille abandonnée, ses frères et sœurs quittent le domicile les uns après les autres, puis sa mère puis son père (violent et alcoolique) et à dix ans, elle survit seule dans cette cabane au cœur des marais qu’elle va apprendre à connaître. Il y a de nombreuses descriptions naturalistes, des oiseaux, beaucoup d’oiseaux, des plumes que les futurs amoureux s’offriront, c’est  à qui dénichera la plus rare, donc la plus précieuse.

La solitude est un des thèmes forts du roman. La jeune fille se construit, seule, grâce à la nature qui l’entoure, aux animaux qu’elle observe, qu’elle nourrit, aux marais qu’elle apprivoise.

Les situations ne sont pas très subtiles, la psychologie des personnages est inexistante, ils manquent de densité, de profondeur, le gentil trop gentil, le méchant très méchant (mais qui sait amadouer la sauvageonne pour parvenir à ses fins) et cette pauvre fille au milieu qui se débat entre les deux, attirée par l’un, oubliée (mais pas vraiment) par l’autre… On se demande d’ailleurs bien pourquoi ce jeune homme aux boucles blondes  n’est pas retourné la voir, ce n’est pas bien clair. Peut-être parce qu’il fallait qu’elle rencontre le vilain, le beau gosse coureur de jupons, et aux intentions pas bien sympathiques.

Alors, non, bien sûr, on ne s’ennuie pas, on tourne les pages facilement, c’est divertissant mais c’est loin d’être le chef d’œuvre tant adulé. D’autant plus que bien des passages de l’histoire sont peu crédibles. C’est parfait pour lire sur la plage cet été, si on ne veut pas se prendre la tête. C’est gentillet et doucettement amoral.

En revanche, le titre est beau et sa signification… significative.

50 commentaires
  1. Bon et bien nous sommes d’accord….. Je t’invite à aller lire ma chronique….😉 Je me sentais très seule et maintenant cela va mieux 😍

  2. J’ai bien aimé lire ce roman, notamment pour les paysages de marais assez atypiques, mais le mot chef d’œuvre, je le garde pour d’autres livres !

  3. Voilà une note dissonante sur le livre.
    J’ai toujours envie de le lire mais je ne mettrai pas la barre trop haut.

  4. Divertissement pour divertissement, je vais attendre le film!!!
    Ce que je retiens? La beauté du titre!

  5. Mais oui, c’est divertissant, ça se lit vite, la balade dans le marais est dépaysante et si les américains sont nombreux à lire ce livre ce sera tant mieux pour l’environnement (soyons optimiste 😉 ). Le problème est toujours le même : pourquoi crier au chef d’œuvre ? Le background de l’auteure révèle qu’elle a passé sa vie en tant que scientifique dans ce type d’environnement ; on peut penser qu’elle s’est autorisée à se détendre un peu en écrivant autre chose que des rapports sérieux et… ma foi, ce qu’elle produit est tout à fait honorable dans le genre. Je ne crois pas qu’elle cherchait le Pulitzer, alors comme d’habitude, les media en font trop.

    • Il n’y a pas que les medias, ce livre a été encensé sur les blogs, on le voit en tête de gondole dans les librairies, tout le monde l’a apprécié, globalement. Mais, comme je le dis, il a tous les ingrédients pour plaire.

  6. Autist Reading permalink

    Voilà qui est dit… Aucun regret, je n’avais pas envie de le lire 😉

  7. Delphine Olympe permalink

    Bon, c’est un peu ce que je redoutais. J’hésitais… Je crois que je vais définitivement passer mon tour…

  8. aifelle permalink

    Ça se lit vite dis-tu. Et bien pas chez moi, je me traîne littéralement dessus, parce que je m’ennuie de plus en plus. Je me demande pourquoi je veux aller au bout (si je sais, je ne peux pas m’empêcher de vouloir connaître la fin). Il y avait nettement mieux à faire sur le sujet. Difficile de comprendre l’engouement des critiques.

    • Alors, là, si tu traînes, c’est qu’il ne te plaît vraiment pas. Ceci dit tu pourrais apprécier (ou pas) la note finale… Tu me diras ? Quand tu l’auras fini, dans… deux à trois semaines… 😉

  9. A_girl_from_earth permalink

    Tout comme Autist Reading.:)

  10. Et bien moi je n’en avais pas du tout entendu parler avant que tu le dézingues aussi joliment. Réjouissant !

  11. Je l’ai lu, pas de quoi grimper aux murs, le côté nature m’a plu bien sûr, j’ai eu des questions quand même sur l’histoire, et surtout le trop romanesque m’a déplu. Bon, on a heureusement échappé à l’inceste.

  12. Une lecture de plage doucement amoral …. Quand il sera en poche, alors ! Je ne suis pas contre un poil de romanesque facile, mais à pas cher !

  13. luocine permalink

    Je suis bien contente d’avoir échapper à cette lecture et j’adore le commentaire de Keisha : « Bon, on a heureusement échappé à l’inceste. » Cela m’a permis de comprendre exactement le pourquoi du succès de ce roman (en plus évidemment de ton billet bien argumenté), et j’avoue ne pas encore avoir entendu parler de ce livre.

  14. j’hésite encore, je suis toujours méfiante quand il y a un emballement (engouement?) pour un roman… le titre est sympathique… Si un jour je tombe dessus à la BM peut-être pour ne pas mouirir idiote 🙂

    • Oui, c’est le meilleur moyen de lire sans avoir l’impression d’avoir perdu de l’argent si ça ne nous plait pas.

  15. J’ai reçu ce roman il y a un moment déjà, et j’ai peur d’exactement ce que tu dis… du coup, on va bien voir. Je le lirai, mais je ne sais pas quand.

  16. Il me faisait de l’oeil, mais tu douches un peu mon envie de le lire. Quoique le côté amoral, peut-être…

  17. J’ai l’impression que la principale qualité de ce titre réside dans son titre justement, et dans la très jolie présentation de l’éditeur !! J’avais noté je ne sais plus où les mêmes bémols que les tiens… je passe, définitivement !

  18. Il ne me tentait pas, aucun regret. Mais je suis bien capable de l’acheter en poche à sa sortie, je me connais ! 😀

  19. On me l’a prêté et j’aurais dit pareil que toi : un divertissement. Sans vouloir juger, on peut catégoriser. Tout dépend de ce que l’on recherche en littérature et aussi de notre expérience en ce domaine. Cette histoire fera lire et ça, c’est positif. J’ai envie de croire que plus on lit, mieux on sélectionne ses lectures. Le tout est de ne pas se cantonner aux best sellers qui tapent dans la facilité mais de s’ouvrir à des auteurs plus ou moins exigeants.
    Pour lire l’histoire d’une jeune fille autrement plus intense et d’un style percutant, j’ai apprécié « My absolute darling » de Gabriel Tallent. Mais, Keisha et Luocine, ici on n’échappe pas à l’inceste…

    • My absolute darling est un roman autrement plus exigeant et beaucoup plus sombre. Ce n’est pas un divertissement… C’est vrai que je préfère lire des romans plus exigeants mais ce type de roman permet de respirer entre deux lectures éprouvantes.

  20. Il me faisait pourtant envie…

  21. Sans en faire un coup de cœur, j’ai beaucoup aimé cette lecture qui reste un roman addictif. Mais je peux comprendre ton ressenti car il est vrai que certains éléments de l’intrigue sont prévisibles. Malgré tout, je me suis laissée emporter par l’histoire et son côté dépaysant. 😉

    • Je comprends, je l’ai lu bien vite, emportée par l’histoire, mais avec mon ptit regard critique en arrière-plan…

  22. Je me doutais qu’il y avait un petit quelque chose de surcoté dans ce roman, tu confirmes que je peux faire l’impasse sans regret.

  23. Patrice permalink

    Comme je ne pense pas passer l’été sur la plage, je vais donc faire abstraction de cette lecture. Merci en tout cas pour cet avis négatif étayé et vivant 🙂

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