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My absolute darling de Gabriel Tallent

8 avril 2018

My absolute darling

Gabriel Tallent

Traduit de l’anglais par Laura Derajinski

Gallmeister

Mars 2018

Lu sur liseuse

 

 

 

Cette lecture fut vraiment éprouvante ! Certains lecteurs ont comparé Gabriel Tallent à David Vann (même traductrice, même éditeur et même noirceur), à juste titre, et comme je ne suis pas une inconditionnelle de David Vann (je fais partie de ces lecteurs qui ont été plus dégoûtés que fascinés par Sukkwan Island), ce n’était pas gagné. En effet, il m’a fallu quelques dizaines de pages pour entrer dans cet univers au style bien particulier, un peu décousu me semblait-il. Souvent obligée de relire plusieurs fois des paragraphes pour que le film se fasse dans ma tête. Et puis, le déclic, les images ont inondé mon cerveau… mais quelles images ! Nauséabondes.

L’auteur démontre que l’amour d’une fille pour son père est plus complexe qu’il n’y parait. Et même si (ce connard de pervers) celui-ci abuse d’elle, même s’il est violent envers elle, il n’est pas simple pour elle de s’enfuir, de le quitter, parce qu’elle l’aime et qu’elle n’arrive pas à franchir le pas fatidique de la séparation.

La force de ce roman est dans la narration, l’histoire est racontée par la jeune fille de 14 ans, Julia pour l’état civil, Croquette pour son père, Turtle pour elle, et ses pensées sont autant de coups de poing que ses actes. Sa vie intérieure est aussi mouvementée, aussi violente que sa vie avec son père. Elle ne cesse de se déprécier parce que son père use de son pouvoir sur elle pour la manipuler et l’amener à avoir cette lamentable image d’elle-même. Schéma classique mais si bien orchestré par l’auteur qu’on vit cette relation paternelle toxique avec une réelle souffrance.

Certains passages sont à la limite du supportable, et l’héroïne est tellement courageuse qu’on aimerait lui crier de baisser les bras, d’abandonner la partie, de quitter son pervers de père. Et si on peut comprendre son attachement, cela ne nous empêche pas de le déplorer amèrement. C’est une lecture qui fait mal et qui ne peut laisser insensible.

A plusieurs reprises, j’ai reposé la liseuse, pour reprendre haleine, pour faire autre chose, de plus léger, de plus anodin, un petit tour au jardin, sous la pluie fine du printemps, pour éloigner les tourments d’une nature plus impétueuse. Comme souvent chez cet éditeur, la nature (les bois, l’océan, les plages recouvertes d’algues) est un des personnages principaux du roman, elle a un rôle prépondérant.

Je ressors donc de cette expérience littéraire, exsangue.

 

 

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25 commentaires
  1. Je l’ai, celui-là… mais comme je ne suis pas hyper fan de David Vann non plus, j’ai un peu peur. Il paraît qu’il est terrible.

  2. Je suis tentée, repoussée .. ça dépend des jours. Les phénomènes d’emprise sont puissants, ça me gêne que l’on parle d’amour à ce propos-là, c’est autre chose.

  3. Pas trop aimé David Vann non plus, je n’ai lu que sukwan island, je crains donc cette lecture. Rien ne presse.

  4. C’est une lecture éprouvante, mais comment dire ? sans complaisance, je crois… Et puis, c’est très bien écrit et traduit. Je me concentrais sur l’écriture, justement, pour ne pas trop me laisser envahir, et elle m’a vraiment séduite.

    • Oui c’est bien écrit mais ça ne m’a pas sauté aux yeux tout de suite. J’ai eu du mal à entrer dedans. Et puis j’ai tellement eu besoin d’en sortir souvent !

  5. Je l’ai acheté ce weekend! Hâte de découvrir enfin ce roman dont tout le monde parle…

  6. Comme je comprends ton billet. La relation avec un père pervers doit être terrible, et la lecture d’une oeuvre bien écrite fait-elle du lecteur un voyeur ou au contraire l’arme-t-il pour dénoncer ce genre de pratiques. car malheureusement il ne s’agit pas que de littérature mais aussi de souffrances d’enfants martyrisés

  7. Super glauque cette histoire quand même… J’ai déjà donné avec l’inceste cette année dans mes lectures alors je vais passer mon tour.

  8. Visiblement un roman très fort en tous cas, que j’ai de plus en plus envie de lire…

  9. plus je lis des critiques sur ce roman, plus j’hésite à le lire… les pervers, parents toxiques et autres me révulsent 🙂

  10. Exsangue, peut-être mais si l’écrivain a pu exprimer tout cela, en particulier la manipulation et la domination que quelqu’un peut exercer sur un autre, c’est qu’il est un excellent écrivain. Ceci dit… je n’ai pas envie de le lire pour l’instant car ce doit être effectivement très éprouvant. !
    claudialucia Ma librairie

  11. Bonsoir Krol, ressortir d’une lecture, je n’ai vraiment pas envie et pourtant, j’ai lu que des critiques positives sur ce livre. Bonne soirée.

    • C’est difficile pour moi de dire si j’ai aimé ou pas ce roman, d’ailleurs je pense que cela ne se pose pas en ces termes…

  12. c’est vrai qu’il y va fort et qu’à plusieurs reprises, je me disais : bon ok j’ai vu le pire. Mais non !!! moi aussi j’ai posé ma liseuse avec l’envie de respirer et de lire quelque chose d’autre, mais finalement je n’ai pas pu la lâcher.

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