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La succession de Jean-Paul Dubois

2 novembre 2016

succession-duboisTitre : La succession

Auteur : Jean-Paul Dubois

Éditeur : L’olivier

Date de parution : septembre 2016

233 pages

 

 

 

 

« Il ne faut jamais se tromper de vie. Il n’y a pas de marche arrière. »

 

J’aime les romans de Jean-Paul Dubois pour son regard acerbe sur la société, pour son humour caustique, pour ses personnages toujours prénommés Paul et souvent mal dans leurs baskets, pour son amour pour les chiens.

Ici, Paul vivait heureux depuis quatre ans à Miami lorsqu’il apprend, par le consulat de France,  la mort de son père, le dernier membre de sa famille à mettre fin à ses jours. Quatre ans qu’il vivait dans l’insouciance, quatre ans qu’il gagnait sa vie en jouant à la cesta punta (la pelote basque). Et puis du jour au lendemain, c’est la plongée dans les souvenirs d’une famille atypique et marquée du sceau du suicide.

La succession est lourde, lourde de sens, lourde de conséquences, lourde pour des épaules fragiles.

Ce roman est terriblement pessimiste, et tellement déprimant que, lorsqu’on le referme, on a très envie d’aller se jeter du haut d’un viaduc.

Ce qui m’a manqué cette fois-ci, c’est l’ironie, la verve mordante. Dans ce dernier roman, Jean-Paul Dubois ne nous offre que la vision pessimiste de la vie sans la dérision (ou plutôt sans toute la dérision à laquelle il nous a habitué). C’est dommage. Je suis un peu déçue (même si j’ai avalé les pages du roman comme on boit un thé glacé par temps de forte chaleur). Car ça reste tout de même du Jean-Paul Dubois, c’est-à-dire, une belle écriture, des phrases qu’on relit plusieurs fois pour le plaisir  et quelques (trop rares) pointes d’humour cynique.

Une vie française et Le cas Sneijder restent mes deux romans préférés de l’auteur.

 

Un tout petit extrait (une mise en bouche) que j’aime (il faudrait le citer bien plus longuement, tellement il est bon) :

« Bien plus que l’annonce de la mort de mon père, cette image du compteur me rappelait qui j’étais, d’où je venais, par quelle gonades j’avais dû passer, cette bite, ce gland et cet interminable séjour dans l’utérus des Gallieni. Ces gens-là, incapables de vivre, de supporter leur propre poids sur cette terre, m’avaient fait, fabriqué, détraqué. »

Clara a émis aussi quelques bémols notamment sur les passages concernant la pelote basque (et je la rejoins aussi là-dessus).

 

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22 commentaires
  1. Je n’ai toujours pas lu cet auteur mais je compte bien réparer rapidement cette erreur…!

  2. C’est un roman qui m’attire beaucoup ! J’ai aussi envie de découvrir l’auteur.

  3. A un moment j’ai pensé renouer avec Jean-Paul Dubois avec ce livre et puis… pas très envie d’un livre déprimant je crois. Ça ne va pas être encore pour cette fois je crois…

    • Tous ses romans ne sont pas aussi bons qu’Une vie française. Mais le ton reste sympa.Celui-ci est sûrement le plus pessimiste que j’ai lu.

  4. j’ai bien aimé moi… et j’ai quand même retrouvé l’ironie de l’auteur que j’affectionne tant. Mais c’est sombre, c’est évident!

  5. M’enfin ? Il est beau ce bouquin …il est triste…juste comme il faut pour nous interpeller, nous questionner sur le sens de Notre! vie…et la fin de celle-ci…j’ai bcp aimé cette ambiance crépusculaire. Et pour moi, il n’y a pas assez de pelote basque ! Il ne nous en parle quasiment que sous l’angle du combat syndical , j’aurais adoré qu’il nous montre plus du jeu et de la passion autour de ce jeu/sport/métier

    • Alors, là je suis d’accord, trop sous l’angle du combat syndical, ce qui ne m’a pas passionné. Mais oui, je l’ai aimé quand même ce roman, j’attendais juste un peu plus de mordant !

  6. oui, la fin est affreusement glaçante.

  7. L’humour mordant, c’est ce que je préfère chez Dubois. Dommage qu’il soit (presque) absent ici.

  8. je l’avais ajouté à ma PAL mais j’hésite beaucoup, car je n’ai encore pas lu cet auteur. je commencerais peut-être par « Le cas Sneidjer » pour me faire une idée.
    une rentrée qui oscille entre violence et blues pour ne pas dire dépression…

  9. Je le commence aujourd’hui. J’ai beaucoup aimé « Une vie française », on verra.

  10. luocine permalink

    tu rejoins d’autres commentaires que j’ai entendus , pas sûre alors que je le lise.
    PS j’ai lu à mes vieilles amies (95 ans) la première nouvelle de Patrice Franceschi que j’ai découverte grâce à toi , elles ont adoré et été très émues . Merci de leur part de le mienne .

    • Ah tu me fais plaisir, là. J’adore transmettre mon plaisir de lectrice, même par personne interposée !

  11. Laure Micmelo permalink

    Une autre déception donc … Bon, je n’ai pas envie de sauter d’un mur ou d’un pont, je vais passer mon tour.

    • Déçue un peu oui… mais j’aime certains passages, certaines pointes d’ironie, certaines réflexions…

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