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La terre qui penche de Carole Martinez

4 novembre 2015

terre pencheTitre : La terre qui penche

Auteur : Carole Martinez

Editeur : Gallimard

Date de parution : 20 août 2015

360 pages

 

 

 

Première phrase de la quatrième de couverture : Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort !

 

Nul besoin d’en savoir davantage. On a envie de se plonger dans un univers moyenâgeux ou pas.

J’ai lu les deux premiers romans de Carole Martinez et sans conteste, mon préféré reste son premier, Le cœur cousu. Je conseillerais d’ailleurs à ceux qui ne connaissent pas l’auteur de ne pas commencer par La terre qui penche.

L’auteur a pris le parti de raconter cette histoire à deux voix : celle de Blanche, enfant, de son vivant et celle de la vieille âme qu’elle est devenue. Personnellement, je n’ai pas vu l’intérêt de ce choix narratif. Je n’ai pas l’impression que cela apporte grand-chose à l’histoire. Je ne dis pas que c’est inintéressant, loin de là, je dis juste que je n’y ai pas trouvé matière à mieux comprendre l’histoire ou à mieux ressentir l’atmosphère ou à apporter un éclairage différent. Mais peut-être n’y ai-je tout simplement pas été sensible.

J’ai aussi eu un peu de mal à entrer dans ce roman. Il m’a fallu quelques dizaines de pages pour m’enlever de l’idée qu’il y  avait quelque chose de factice (peut-être à cause des deux voix) dans ce roman-là.

Et puis, peu à peu, au fur et à mesure que l’histoire dévidait son contenu mi-merveilleux, mi-réel, je me suis mise à chevaucher aux côtés des deux enfants, à éprouver de la colère contre Jacques, à apprécier le personnage tout en finesse et en folie d’ Aymon, à m’attendrir devant la loyauté et la fraîcheur d’Eloi et à attendre le retour de la Loue, cette femme faite rivière qui se venge des hommes en les noyant dans son lit.

Il y a de très belles pages, très poétiques, une belle écriture mais… parfois j’ai eu ce sentiment étrange et pénétrant  que l’auteur se regardait parfois écrire… et alors le côté artificiel surgissait et me gênait.

Côté historique, il me semble (mais je n’y connais pas grand-chose) que cette époque est parfaitement décrite, avec son  lot de superstitions, ses maladies, son diable filou, le poids de l’église, ses mariages forcés, ses seigneurs et ses serfs, ses morts, ses hommes qui ne pensent qu’à guerroyer…

C’est donc un bon roman, qui se lit sans déplaisir et même avec plaisir mais ce n’est, à mon humble avis, pas le meilleur de l’auteur.

Tiens, voilà un extrait qui contredit ce que je disais de l’utilité de la vieille âme :

« Les religions grandissent, vieillissent et, sans doute, finiront-elles toutes par tourner au mythe. Certaines s’enkystent pour survivre, d’autres luttent pour s’imposer, pour rester vivantes, puissantes, effrayantes. Il arrive que des assoiffés de pouvoir dirigent des affamés de sens, leur tracent la voie à suivre, utilisent les plus sauvages pour régner sur les craintifs et terrasser les autres.

Car qui mieux que Dieu peut légitimer un pouvoir temporel ?

Que Dieu soit muet arrange bien les choses.

Il me semble qu’une religion ne prend sens que si elle se dépouille absolument de ce pouvoir-là et ne craint plus sa fin. Quand elle ne s’impose plus par force ou effroi, alors seulement, elle devient spirituelle et précieuse. »

Blanche n’aurait jamais pu avoir cette réflexion en 1361, bien sûr. Seule une âme qui a traversé les siècles peut se permettre de penser de la sorte…

 

 

 

 

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24 commentaires
  1. Je suis en train de le lire, j’ai tout de même lu ton avis qui est très posé. Je te dirai quand j’aurai fini !! Merci.

  2. keisha41 permalink

    Bon, voilà, jamais lu l’auteur…

  3. sous les galets permalink

    oh bah punaise, c’est surprenant , tu es le premier bémol que je lis dis donc, je n’ai effectivement jamais lu Martinez (shame), je vais y remédier bien sûr, et je te promets de commencer par un autre. (Je n’avais pas saisi l’histoire des 2 voix dans les autres billets)

  4. J’avais aimé sans adorer Le coeur cousu. Ses romans suivants ne m’ont jamais vraiment tentée et celui-ci ne déroge pas à la règle. Ton avis confirme et pour le moment, ma PAL est loin de crier famine.

    • Si tu n’as pas énormément aimé Le cœur cousu, pas sûr que celui-ci te plaise alors… Quoi… que… il est très différent.

  5. Il faut que je lise Le coeur cousu…!

  6. J’ai eu la chance d’interviewer l’auteur ( http://www.unidivers.fr/carole-martinez-entretien/). Elle souhaitait effectivement travailler ces deux voix, aller de l’une à l’autre pour montrer comment on revisite son enfance. Si à quatre vingt dix ans, tu pouvais relire ton journal intime, comment ressentirais-tu les choses. La vieille âme a le pouvoir de l’analyse. Moi aussi j’avais adoré Le coeur cousu. Et ici, j’aime l’ambition du projet qui est d’écrire quatre romans de murmures de femmes au travers des siècles dans un même château.

    • J’aime aussi l’ambition du projet ! Carole Martinez est une femme formidable, j’ai assisté à une rencontre dans une bibliothèque, c’était génial ! En ce qui concerne l’utilité des deux voix, je dis une chose et son contraire à la fin… alors… je comprends bien ce pouvoir de l’analyse mais ne l’ai pas toujours senti. C’est pour ça que je m’interroge.

  7. Le cœur cousu m’attend, je vais commencer par là avant de me pencher sur ses autres titres.

  8. J’aime beaucoup cette auteure, ce roman est au programme de mon club , je vais essayer de le lire, mais il est très convoité.

    • Ça ne m’étonne pas qu’il soit tant convoité ! Carole Martinez a séduit un grand nombre de lecteurs !

  9. j’avais bien aimé Le Coeur cousu tout en sachant que l’univers de l’auteur n’est pas forcément ma tasse de thé. Il faudrait que je fasse un autre essai!

  10. valmleslivres permalink

    Ca risque de me gêner ce que tu en dis. De plus, l’aspect fantastique qui m’avait déjà gênée dans le Coeur cousu risque de me gêner encore davantage.

    • C’est sûr que si on aime rester les deux pieds ancrés dans une réalité bien réelle, bah on ne peut pas aimer Carole Martinez.

  11. Un avis mitigé pour son dernier roman donc… j’ai moi aussi beaucoup aimé Coeur cousu. Du domaine des murmures est dans ma pal.

  12. Même « Le coeur cousu » ne m’avait pas complètement fascinée donc je ne pense pas lire celui-ci.

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