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Goat mountain de David Vann

6 décembre 2014

couv rivireTitre : Goat mountain

Auteur : David Vann

Traduit de l’américain par Laura Derajinski

Éditeur : Gallmeister

Date de parution : septembre 2014

247 pages

 

 

 

Ce n’est pas tous les jours que je fais dédicacer un livre… Celui-ci l’a été lors de la fameuse rencontre narrée ici.

J’ai tellement aimé l’auteur, j’aurais tellement souhaité aimer son dernier roman…

 

On se rappelle (on, ce sont les lecteurs fidèles de ce blog) que je n’ai pas vraiment apprécié son premier roman (que la majorité des lecteurs ont adoré…), mélange de dégoût et de fascination morbide, mais que j’ai aimé le second (que peu de lecteurs ont apprécié… cherchez l’erreur)

Et bien ici, même écœurement que pour le premier ! David Vann a vraiment un problème avec les cadavres qu’il se plait à trimballer d’un endroit à un autre, et à ne surtout pas enterrer. Et moi, et bien, j’ai du mal à lire les descriptions nauséeuses d’autant plus que je n’ai vu aucun intérêt à l’histoire. Je l’ai lu en entier pour savoir comment l’auteur allait se sortir de ce mauvais pas. C’est tout.

Si, si (je t’entends Guillaume !!!), j’ai compris où il voulait en venir et les paroles du grand-père traduisent parfaitement ce cheminement :

 

« Cet homme dans le sac, ce n’est pas le problème. Débarrassez-vous de lui, mais vous ne serez débarrassés de rien. »

 

La tension entre les quatre personnages ne m’a pas semblé aussi palpable que ça. Pourquoi ? Le style, cette fois-ci, m’a laissée à distance. Trop de phrases nominales qui m’agaçaient bien plus qu’elles ne me permettaient de « faire un film dans ma tête ». Je voulais des verbes ! De vraies phrases, longues et construites, et non des ébauches, non des succédanés de phrases.

Exemple, les trois premières phrases du roman (et ça continue comme ça tout au long du livre) :

 

« La poussière comme une poudre recouvrant l’air, faisant du jour une apparition rougeâtre. L’odeur de cette poussière et l’odeur de pin, l’odeur du sumac vénéneux. Le pick-up, une créature segmentée, sa tête tournant à l’opposé de son corps. »

 

Et je suis sûre, en écrivant cela, que ce qui m’a gênée a produit exactement l’inverse chez d’autres lecteurs. Parce que nous ne sommes pas les mêmes, et peut-être même que dans dix ans, je dirai le contraire (en ce qui concerne le style, pas le contenu).

Rencontre réussie avec l’homme, ratée avec ses écrits… quel dommage ! Mais je ne m’avoue pas vaincue, je lirai ses prochains romans, d’autant plus qu’ils ne seront plus dans le même registre, puisqu’il en a fini avec son histoire familiale.

 

 

 

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19 commentaires
  1. ah ah ah ! en lisant tes mots, je t’imagine me racontant tes impressions ! je suis mort de rire ! Ah bah oui, il fait pas dans la dentelle notre David ! je comprend que l’on puisse être laissé au bord du chemin, car c’est rude, âpre. Il enfonce peut-être trop le clou lorsque le gamin traîne l’animal, ça n’en finit pas…mais « avoir une mort sur la conscience » prend tout son sens ici…bon sinon je sais pas si t’avais vu mon article sur ma version de la rencontre avec l’écrivain : http://fromtheavenue.blogspot.fr/2014/09/le-jour-ou-jai-rencontre-david-vann.html.
    et re-sinon, je découvre mon nouveau lieu de travail, c’est trop cool, plein de romans inconnus pour moi, je vais me régaler !

    • Tu te moques, là ! Mais je ne t’en veux pas. Je viens d’aller lire ton article sur THE rencontre ! J’ai laissé un com. J’espère bien que tu vas te régaler sur ton nouveau lieu de travail !!! A bientôt Guillaume !

  2. sous les galets permalink

    rha la la, toujours pas lu Vann, et ce que tu en dis ne me motive vraiment pas plus que cela. Je craignais les thèmes hyper morbides qu’il traite, et maintenant je crains aussi le style. Les phrases nominales, c’est la mode et je n’en peux plus.

  3. Je n’ai lu que Sukkvan Island, très récemment, et c’est particulièrement cette histoire de cadavre que je n’ai pas digérée… Brrr ! Aussi, même si comme toi, j’aimerais aimer cet auteur, je ne pense pas lire Goat mountain.

  4. J’en ai lu 10 pages et je n’arrive pas à le reprendre justement à cause de ce style imbuvable. C’est insupportable à lire. Comme toi, je voudrais des verbes !

    • Ah !!! Ca me fait plaisir de lire ça ! Nulle part n’est mentionné ce trop grand recours aux phrases nominales !

  5. luocine permalink

    je vais laisser ce roman trop noir pour moi.

  6. Oui, il y a autant de lectures que d’individus et c’est ce qui est bien. Et on peut aimler la personne et non ce qu’elle écrit car elle n’est pas ce qu’elle écrit. Moi, je trouve ça bien.

    • Et oui, l’auteur et ses écrits : deux choses bien distinctes et heureusement ! Il y a aussi de très beaux romans écrits par des auteurs détestables… Je préfère l’inverse finalement.

  7. Jamais lu Vann non plus mais je n’ai pas spécialement envie de me précipiter, surtout vu ce que tu en dis 😉

  8. Jamais entendu parler de cet auteur ! Mais d’après ce que tu en dis, ça presse pas 😉

  9. J’ai été pétrifié durant la lecture de ce livre, les images sont horribles, l’écriture est hachée comme éructée, certaines phrases pas très claires, le propos provocant (pourquoi s’étonner d’un homme abattu mais pas d’un cerf ?), voire illuminé « En tuant le braconnier, j’étais comme David, défendant ma famille, notre terre et la loi. J’étais dans le camp de dieu. » Quelle part de l’animal subsiste dans l’homme ? Mais j’ai aussi été gêné par l’outrance globale, le grandguignolesque de certaines situations et la crédibilité douteuse d’autres qu’il ne faut pourtant pas prendre au premier degré, le bouquin devant se concevoir comme un drame antique ou une fable. Mais ce roman est aussi la fin d’un cycle d’après l’auteur, le prochain devrait être très différent des trois premiers… à suivre donc ?

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