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Jacob, Jacob de Valérie Zenatti

10 novembre 2014

jacobTitre : Jacob, Jacob

Auteur : Valérie Zenatti

Éditeur : l’Olivier

Date de parution : août 2014

166 pages

 

 

Je n’ai pas envie de parler de ce roman, ce serait le déflorer et l’abîmer, je n’en connaissais pas l’histoire quand je l’ai acheté. Je peux quand même dire qu’il se passe à Constantine pendant la seconde guerre mondiale. C’est tout.

 

Simplement quelques citations, comme une mise en bouche, pour vous donner envie de découvrir le style de Valérie Zenatti, ses longues phrases qui vous enveloppent et vous emportent :

 

Les visions se bousculent en lui le remplissent d’une excitation presque insupportable, la beauté grave du lieu dilate sa poitrine, il court sur la passerelle métallique en direction du pylône ouest, un camion passe en soulevant sous ses roues un vacarme de tôle entrechoquée, transmettant un deuxième frisson à Jacob, qui descend vers la ville, foulées régulières accordées à sa respiration, les mots martèlent ses tempes, quand les résultats du baccalauréat, arriveront, je serai, déjà, parti, l’entraînement, les classes, ils appellent ça, les classes, à dix-huit ans, on passe, d’une classe aux classes, mais ça n’a rien à voir, plus jamais, assis, à écouter monsieur Baumert, lire Hugo, Balzac, Flaubert, plus jamais, le latin, dominus, domine, dominum, domini, domino, domino, le latin, comme un jeu, comme une langue qui s’amuse, qui étonne mon père, fait sourire ma mère, à quoi ça sert le latin, à être instruit, à comprendre le français, autrement, il est la loupe, qui permet de distinguer, les subtilités de la langue, dit monsieur Baumert, il est le soleil, qui fait miroiter, les éclats de la langue, il est une autre façon de dire le monde, que l’arabe, la langue de ma mère, la langue de mon père, que le français, la langue venue parler ici, depuis bientôt cent ans, la langue du Nord qui a décidé, de se mêler, à la langue du Sud, conjugaisons si compliquées, futur antérieur, imparfait du subjonctif, temps si peu maîtrisés par les habitants des ruelles étroites du quartier juif et arabe surpeuplé où Jacob se cogne à présent aux femmes qui hésitent entre dix tissus pour recouvrir un fauteuil, […]

 

 

Jacob était fait de ces mots transmis de génération en génération, prières, bénédictions, exclamations, il était fait aussi des silences si nombreux autour de l’amour, de la mort, et il était curieux qu’il ait rencontré les deux à des milliers de kilomètres de là où il était né, détaché des siens, défenseur d’une Europe qui avait tué ou laissé mourir ses juifs mais qui l’avait bien voulu, lui, pour la délivrer, alors que trois ans avant son incorporation on ne l’avait plus jugé suffisamment français pour l’autoriser à franchir les portes du lycée d’Aumale.

 

J’ai aimé me perdre dans les phrases de l’auteure, suivre son flux narratif qui a l’air de couler au gré de ses pensées.

 

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14 commentaires
  1. un très beau roman !

  2. luocine permalink

    bon! ben! voilà vous êtes deux à nous dire que c’est bien! moi j’aime qu’on me raconte avant … il faudra que je me contente des passages!

  3. Wow, c’est rare de ne rien vouloir dire, mais cela dit je te comprends aussi, parfois quand j’ai aimén je souhaite juste dire « lisez-le » ! 😉

    • Bah oui, je ne sais pas toujours quoi dire mais les mots de l’auteure sont bien supérieurs aux miens !

  4. l’extrait et très beau, très bien écrit. sa prestation à la grande librairie m’a donné envie de le lire car l’histoire m’a plu et la façon dont elle en parlait aussi.
    en général quand on n’a pas envie de faire une critique, c’est pour ne pas rompre le charme, on est tellement en phase avec l’auteur qu’on a peur d’en parler, on a envie de rester encore dans le livre, comme si on aller l’abîmer en gros.
    du moins c’est ce qui se passe pour moi lors d’un coup de cœur. le seul commentaire serait : « allez vite le chercher et plongez dedans ».

  5. j’aime l’auteur, et j’aime cet extrait! je le lirai surement, en toute confiance! 🙂

  6. J’ai lu des avis très positifs, d’autres moins. Du coup je ne sais pas trop quoi en penser, mais l’extrait est très beau.

    • Les mots de l’auteure, rien de tel pour apprécier, le reste n’est que… commentaire et paraphrase…

  7. Rien que les extraits donnent envie de découvrir ce roman…

  8. j’ai hésité… tu me fais envie.

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