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Consolation de Nathalie Aumont

23 février 2014

001Titre : Consolation

Auteur : Nathalie Aumont

Éditeur : Arléa

Date de parution : 29 août 2013

108 pages

 

 

 

 

 

Il est difficile de parler de ce livre… Pourquoi ?

D’abord parce que c’est un récit intime, personnel. Il est parfaitement écrit, très sobre, pas un mot de trop. L’auteur a perdu un frère dans un accident de voiture. Il était jeune, il était gai, c’était le rayon de soleil de sa mère, de sa famille. Cette intimité a fait écho à la mienne, tant de similitudes… Bref ! C’est surtout pour cette raison que j’ai voulu lire ce livre.

Mais…

Pourquoi écrire un tel livre ? Pour qui ? A mon avis, c’est un livre qui ne peut profiter qu’à son auteur. Un livre pour exorciser la douleur, pour mettre des mots sur les maux, un livre comme thérapie.

Pourquoi le nommer roman ? Ce n’en est pas un, c’est un témoignage sur un fait privé. Certes, la douleur est universelle mais ce livre peut-il faire du bien à quelqu’un qui a vécu la même chose ? Je réponds non, tout de suite. Il ne m’a pas fait du bien, je me suis retrouvée dans les mots de l’auteur, mais il n’a fait que raviver une douleur enfouie… Il m’a rappelée de mauvais souvenirs. Oui, le temps fait son œuvre, oui, on vit… Mais oui, on replonge vite, si vite dans cette période noire et est-ce nécessaire ?

Pourquoi ai-je lu ce livre, sachant très bien ce qu’il en était ? Par curiosité sûrement. Parce qu’on est toujours attiré par le côté sombre de notre âme… On aime remuer le couteau dans la plaie (même refermée). Et parce que j’ai écrit aussi…

Je suis partagée… Non, pour la forme, excellente ! Jamais l’auteur ne sombre dans le pathos, il n’y a rien de larmoyant, rien de voyeur et en cela, ce livre est une réussite. Mais pour le fond… A quoi bon ? Ne peut-on écrire et garder son écrit ? Je sais à quel point l’écriture est nécessaire… Moi aussi, j’ai eu besoin de mettre des mots sur mes douleurs… Mais alors ne peut-on se servir de son expérience pour écrire un vrai roman avec de vrais personnages, une vraie narration… je ne sais pas, je ne sais plus…

Voilà, je n’ai pas de réponse à mes interrogations… Je regrette juste que l’éditeur ait écrit « roman » parce qu’il trompe le lecteur… Il aurait suffi qu’il écrive « récit » ou « témoignage »… Je chipote, me direz-vous. Peut-être…

Plus je lis de romans français, plus je préfère les romans étrangers, construits, avec une vraie narration… Les romanciers français sont très nombrilistes… Mais Nathalie Aumont est-elle une romancière ? Je ne crois pas… pas encore… Il faudrait qu’elle écrive un second roman… Elle en a toutes les compétences.

Quand je veux lire des témoignages, je choisis des titres en conséquence et je ne les lis pas de la même manière… Le but n’est pas le même…

 

Noukette a beaucoup aimé et j’ai lu ce titre grâce à son article.

challenge 1%

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14 commentaires
  1. Je comprends évidemment ton ressenti… Une lecture douloureuse… Je me suis moi aussi interrogée sur les raisons de l’auteur pour écrire un tel livre, 23 ans pour passer de la douleur à l’écriture, ce n’est pas rien. Une thérapie, sûrement. Est-ce qu’elle se sent mieux maintenant…? Pas si sûr…

  2. clara permalink

    Un récit cathartique….

  3. keisha41 permalink

    Je me pose toujours des questions sur ce type de livre. Espérant qu’au moins l’auteur en a reçu du bien. Pourquoi l’éditer? Si belle écriture, pourquoi pas. Mais pas trop mon genre de lecture préférée.

  4. sous les galets permalink

    Il est magnifique et émouvant ton billet.
    Généralement je fuis les témoignages, faux-romans ou récits de sujets qui m’ont meurtrie. J’adore la manière dont tu formules cette fascination/répulsion de cette face sombre et triste de nous même.
    Sans s’attaquer à ce livre en particulier, de mon côté je commence à en avoir soupé de ces écrits très nombrilistes vendus en romans qu’ils ne sont pas.

  5. eimelle permalink

    un livre que j’avais apprécié, mais c’est vrai que l’on peut se poser la question du pourquoi de l’écriture..

  6. Il y a tout un pan de la littérature française qui s’emploie à parler de son nombril et de ses petites préoccupations, c’est parfois élégamment et excellemment fait, comme C Juliet ou A Ernaux, c’est parfois plus durement supportable parce que moins distancié. Mais la littérature française, ça n’est pas que cela non plus.

    • Tu as raison, il y a d’excellents auteurs français qui ne se regardent pas le nombril mais lorsque je lis des romans étrangers je mesure souvent le grand écart… une histoire d’écriture, de souffle, d’art de la narration. Mais Dugain, mais le grand Sorj Chalandon, mais Pascal Garnier mais bien d’autres encore… qui me procurent de grands plaisirs de lecture.

  7. Ce que tu dis est très intéressant parce que j’ai voulu lire « l’armoire des robes oubliées » qui est un roman cette fois sur les derniers jours d’une femme atteinte du cancer, alors que je vivais la même chose avec ma mère. Je n’ai pas pu le continuer, je l’ai laissé. Serais-je capable pour autant de le lire dans quelques années, je ne le sais pas. La difficulté dans la mort, est la disparition définitive a priori d’une personne que l’on aime très fort. C’est ce qui crée la douleur, la séparation, et pas seulement la mort elle-même.

  8. Oui cette séparation définitive est terrible… heureux ceux qui croient qu’on se retrouve un jour… Le temps atténue les douleurs… mais le manque ressurgit parfois, sans prévenir, cruel ! Bon courage Anis !

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