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Ce qu’on peut lire dans l’air de Dinaw Mengestu

13 août 2013

Titre : Ce qu’on peut lire dans l’air

Auteur : Dinaw Mengestu

Traductrice : Michèle Albaret-Maatsch

Éditeur : Albin Michel, 2011

401 pages en poche

 

Ayant déjà lu et apprécié le premier roman de l’auteur : Les belles choses que porte le ciel, j’ai acheté celui-ci les yeux fermés sans même lire la quatrième de couverture.

 

J’ai retrouvé l’écriture parfaite et maîtrisée de Dinaw Mengestu avec un grand plaisir !

 

Que nous raconte ce roman ?

L’exil, la fracture d’un couple, la difficulté d’être noir aux États-unis, et ce qui m’a énormément plu, la réinvention de l’histoire passée des parents du  narrateur.

L’auteur démontre que l’écriture est aussi une re-création de nos souvenirs. Sur les traces du terrible « voyage de noces » de ses parents, le narrateur se plait à imaginer ce qu’ils ne lui ont pas dit, mêlant des souvenirs de son enfance à un présent douloureux.

On n’entre pas dans ce roman facilement. Gagnée par la mélancolie qui se dégage du texte, j’ai failli me laisser submerger par l’ennui au milieu du roman mais le style à la fois dense et fluide du romancier (oui, je sais, c’est paradoxal mais vrai !) et ses quelques notes ironiques (voire cyniques) m’ont poussée à continuer pour mon plus grand bonheur.

Le narrateur use et abuse de mensonges, il a l’art de nous faire croire qu’une situation a bel et bien existé alors qu’il n’en est rien et il le fait croire à sa femme de la même façon (ou à ses étudiants). Mais un écrivain n’est-il pas un manipulateur ? Il emmène le lecteur dans un univers fictif avec une facilité déconcertante et pendant quelques heures, le monde réel devient celui créé par les mots d’un démiurge.

 

Ce qui explique le titre :

« A peine mon père eut-il prononcé les deux derniers mots de sa phrase qu’il perçut dans l’atmosphère ce changement brusque et spectaculaire qui précède toute confrontation violente. Quelque chose vibrait, bourdonnait. S’il y avait moyen de décrire ce phénomène, il aurait dit qu’une vie propre et tangible avait soudain chargé les plus petites particules composant l’air que nous respirons. Le monde qui nous entoure grouille de nos sentiments et de nos pensées, aurait-il ajouté, lesquels sont contenus dans l’espace séparant deux personnes, quelles qu’elles soient. Il avait appris très tôt qu’avant un geste violent, il y a un moment où cet acte prend forme, non pas comme quelque chose qu’on peut voir ou sentir, mais de par le changement qu’il induit dans l’air. »

 

Et puis, que devient-on une fois séparés ? Passe-t-on à autre chose facilement ? Gomme-t-on l’autre ?

« Tu ne disparaîtras jamais. Même si tu as peut-être cette impression à certains moments. Chacun de nous continuera à faire partie de la vie de l’autre bien plus longtemps qu’on ne l’imagine. On pourra dire ou faire ce qu’on veut, ça n’y changera rien. »

 

Non, ça ne changera rien.  L’autre continue d’exister en nous et nous en l’autre. Je veux le croire aussi !

 

 

 

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2 commentaires
  1. Les belles choses que porte le ciel est dans ma PAL…. yapluka !

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