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Annabel de Kathleen Winter

25 juillet 2013

annabelAuteur : Kathleen Winter

Titre : Annabel

Traduit de l’anglais (Canada) par Claudine Vivier

Édition : Christian Bourgois, 2013

454 pages

 

Découvert sur le blog de Clara que je remercie vivement. Et ici, une interview de l’auteur réalisée par Laurent Incoldblog.

C’est une histoire singulière que celle d’Annabel. Un bébé naît un jour de l’année 1968 dans le Labrador, ni fille ni garçon, ou plutôt, les deux à la fois. « En ajustant le lange, elle soulève tranquillement le petit testicule et constate que le bébé possède aussi des lèvres et un vagin. » De son hermaphrodisme, l’enfant prénommé Wayne n’en saura rien jusqu’à l’adolescence. A la naissance, il a été opéré, on a choisi pour lui son sexe. Quotidiennement, il prend des médicaments qu’il ne sait pas être des hormones.

C’est un premier roman incroyable qui ne verse jamais ni dans le voyeurisme ni dans le mélo ou le pathos. Il est tout en subtilité, remarquablement écrit, dans un style assez classique, certes, mais qui n’est jamais insistant, qui ne cherche pas à démontrer, mais plutôt à suggérer. Les ellipses permettent de ne pas s’appesantir et invitent le lecteur à passer à autre chose ou à réfléchir quant aux conséquences de certaines paroles ou de certains actes.

 » Chacun de nous est un serpent qui mue, dit-elle. Nous changeons sans cesse au cours de notre vie. »

Les personnages ont une vraie consistance.

Le père, Treadway, qui pourrait être seulement présenté comme un homme bourru et fruste (en opposition à son fils-fille) cache en réalité une sensibilité dont on en devine les contours et qui se développe tout au long du roman pour éclater à la fin. C’est peut-être le personnage le plus authentique et le plus émouvant du roman, parce qu’il n’est pas figé.

La mère, Jacinta, pense, tout au long de l’enfance de Wayne, à cette fille qu’il aurait pu être… La complexité de ce personnage est parfaitement dépeinte.

Les personnages féminins qui entourent Wayne (Thomasina et Wally Michelin) et qui vont l’aider tout au long de sa vie ont aussi une personnalité bien affirmée et on va les suivre dans leur parcours de vie avec autant d’intérêt que le personnage principal.

L’auteur évoque tout en profondeur et en finesse ce que ressent Wayne dans son corps, dans son esprit, ses doutes, ses envies, ses craintes…

Et que dire aussi des magnifiques descriptions de la nature, des comportements nuancés des personnages, de la beauté d’être soi-même… Plus qu’un roman sur la différence, sur la tolérance, c’est un roman sur la difficulté d’être tout simplement.

Et, cerise sur le gâteau, la toute dernière phrase clôt le roman de manière sublime.

Un beau roman qui va, sans nul doute, rester un long moment dans ma mémoire !

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20 commentaires
  1. ok alors je le note, mais je crois qu’il est déjà dans mes listes que je ne regarde pas assez!
    Luocine

  2. Toi, tu sais en parler et donner envie…

  3. centrino permalink

    J’en ai entendu de bonnes chroniques également; il n’y a pas de fumée sans feu 😉

  4. Il est dans les cartons de la bibli…grrrr;

  5. je suis HEUREUSE car on n’ a peu parlé de ce livre qui est d’une beauté magnifique !

    @ Keisha : on n’ a pas su ( Laurent et moi) te donner envie ? 🙂

  6. metaphorebookaddict permalink

    Tentant mais ça a l’air bien dérangeant! Je le note 🙂

  7. Décidemment je ne lis que des éloges sur ce roman ! Il est déjà noté et ta jolie chronique confirme mon envie de le lire !

  8. J’ai tellement aimé ce roman que je suis encore à l’heure actuelle incapable d’en parler…

  9. Je ne suis pas trop d’accord avec ta vision du père, il est sensible d’accord mais il impose son désir sur cet enfant bisexué, le condamnant ainsi à des souffrances terribles.
    Egoïstement, il se retire dans son petit monde paisible tandis que sa famille se débat et quand il intervient c’est pour secouer son enfant ou stigmatiser Thomasina venue au secours d’ Annabel .
    Il n’y a qu’à la fin qu’il commence à réaliser dans quelles impasses son narcissisme a plongé son entourage.
    Bon je caricature peut-être mais cet homme m’a trop souvent révolté et ce n’est sûrement pas son côté ascète à l’écoute de la nature qui le rachète à mes yeux.

    Sinon je suis entièrement d’accord avec ton appréciation 🙂

    • Tu n’as pas tort mais la fin du roman nous montre à quel point cela n’a pas été toujours simple pour lui… Ok, Ok, pour l’enfant encore moins, je te l’accorde… Mais qui sommes-nous pour juger les actes des autres ? Oh la la je m’égare, là… Quoi… que…

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  1. "Annabel", Kathleen WINTER | Sur mes brizées

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