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Cristallisation secrète de Yoko Ogawa

16 juillet 2013

Auteur : Yoko Ogawa

Titre : Cristallisation secrète

Traductrice : Rose-Marie Makino

Date de parution : 2009 chez Actes Sud

Nombre de pages en poche : 374

 

J’adore Yoko Ogawa ! son univers, son écriture, cette manière de nous emmener dans un monde étrange et fascinant…

 

Dans ce roman, les choses et les êtres vivants disparaissent peu à peu, et leur souvenir avec, comme s’ils n’avaient jamais existé. Tous les sens sont touchés, le parfum d’une fleur, le toucher, le goût des aliments… rien ne persiste… pas même l’idée de l’objet. C’est terrifiant, diabolique… Certaines personnes ne sont pas touchées par ce phénomène et gardent en elles le souvenir de ces objets disparus ou de ces animaux ou plantes. Elles sont traquées par la police secrète, par ces chasseurs de mémoires et doivent se cacher pour échapper aux rafles.

Dénonciation des régimes totalitaires et réflexion sur la mémoire, ce livre est un subtil mélange des deux…

Pouvons-nous souffrir de la disparition des choses si elles n’existent même plus dans notre souvenir ?

C’est parce qu’ils n’ont plus aucun souvenir que les gens se résignent à vivre ces disparitions sans sourciller… Pourquoi se révolter puisque la vie continue malgré tout… puisqu’ils s’adaptent à ce nouveau monde, même lorsque ces disparitions commencent à toucher leur corps.

Les gens ne peuvent donc comprendre ce que ressentent ceux qui n’oublient pas :

 

« Mes souvenirs ne sont jamais détruits définitivement comme s’ils avaient été déracinés. Même s’ils ont l’air d’avoir disparu, il en reste des réminiscences quelque part. Comme des petites graines. Si la pluie vient à tomber dessus, elles germent à nouveau. Et en plus, même si les souvenirs ne sont plus là, il arrive que le coeur en garde quelque chose. Un tremblement, une douleur, une joie, une larme, vous voyez ? »

 

Et non, elle ne peut pas « voir »…

 

La narratrice est romancière et nous lisons un roman dans le roman jusqu’au jour où les romans disparaissent aussi… Les mots alignés les uns à côté des autres ne font alors plus de sens pour elle…

 

« Dans un roman, on ne peut rien reprocher à personne. Parce qu’on construit à partir de zéro. On décrit des choses qu’on ne voit pas comme si on les avait sous les yeux. On fait vivre avec des mots qui choses qui n’existant pas. C’est pourquoi il paraît que même si la mémoire s’efface, il ne faut jamais renoncer. »

 

C’est le roman le plus étonnant que j’ai  lu de cette auteure… et le plus prenant… et sans nul doute, le plus inquiétant… et qui ne sortira pas sitôt de ma mémoire !!!

 

Mais où va-t-elle chercher tout ça ?

 

 

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6 commentaires
  1. Hum, je le lirais bien, tiens, j’aime l’auteur, j’en ai lu plusieurs.

  2. C’est mon préféré aussi ! Quelle belle idée, et bien menée jusqu’au bout…

  3. Je connais l’auteur mais pas ce livre. Le sujet et la façon dont il est traité m’ont l’air bien intéressant.

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  1. Tristes revanches de Yoko Ogawa | Le blog de Krol

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