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La vérité sur l’affaire Harry Québert de Joël Dicker

24 mars 2013

verite affaire quebertTitre : La vérité sur l’affaire Harry Québert

Auteur : Joël Dicker

Éditeur : éditions de Fallois

Date de parution : septembre 2012

 

 

 

 

 

 

Qu’est-ce qu’un bon roman ? Voilà une question que je me pose et une question qui est aussi posée dans ce roman.

Est-ce un roman qui ferre son lecteur dès le premier chapitre, en ménageant un suspense tel que celui-ci ne peut passer une journée sans se plonger dans le livre et ce, quel que soit le style d’écriture ? Est-ce un roman qui subjugue le lecteur par son écriture ? Est-ce un roman qui raconte des faits réels, qui dévoile des secrets sur la vie de personnes célèbres ?

En tout cas, un bon livre n’est pas un livre qui se vend à des milliers d’exemplaires, qui rapporte des milliers de dollars ou d’euros à son auteur. Ca, c’est sûr. C’est pourtant ce que le personnage « éditeur »  veut nous faire croire et c’est aussi ce que veulent faire croire les personnages « écrivains ».

Ce roman est une imposture. Sympathique, certes, et que je n’ai pas pu lâcher avant la fin (663 pages quand même !), re-certes, mais une imposture !

Pourquoi ?

D’abord parce qu’il parle de la création littéraire, qu’il évoque les difficultés de l’écrivain à créer, les affres de la page blanche, alors qu’en fait, les personnages ne sont pas des écrivains, ce sont des opportunistes ! Ils ne veulent pas écrire, ils veulent publier un best-seller ! Quel auteur talentueux peut se retrouver dans ces personnages ?

Le premier, Harry Quebert, a soi-disant écrit un chef-d’œuvre, qui n’est en fait que la transcription de sa propre histoire. Elle aurait pu être géniale, le style aurait pu être formidable, mais non, les extraits cités sont malheureusement d’une mièvrerie incroyable, affligeante. Une histoire d’amour au ton mielleux et au goût de bonbon rose. C’est ça, le roman du siècle ?

Quant au second, Marcus Goldman, il n’est pas plus écrivain que vous ou moi, il ne fait que raconter des faits, résoudre une énigme policière dans un style, là encore, d’une fadeur à faire pleurer.

En revanche, la construction du roman est intéressante, et même remarquable, et c’est par ce biais que l’auteur accroche son lecteur. Les multiples allers-retours dans le temps, les extraits des différents écrits des soi-disant écrivains de génie, les extraits de journaux intimes, de coupures de presse, les lettres et enfin les multiples rebondissements créent un dynamisme qui oblige le lecteur, malgré lui, à tourner les pages avec frénésie. Mais trop c’est trop ! Trop de fausses pistes, trop de rebondissements de dernière minute. Trop de rebondissements tuent le suspense et fatiguent !!! D’autant plus que la dernière révélation est tirée par les cheveux…

Oui, j’ai lu ce roman dès que j’avais un moment de libre, oui, je l’ai avalé avec rapidité, oui, j’avais envie de connaître l’identité du tueur, oui, j’avais envie de connaître l’issue de l’histoire, oui, cent fois oui !

Cela en fait-il un bon roman ?

Non.

Ce livre n’est pas particulièrement bien écrit, le style n’a pas d’intérêt, seule l’histoire m’a embarquée. Et tout au long du livre, je me suis demandée comment on pouvait évoquer la création littéraire et ne pas appliquer les conseils prodigués par ce pseudo auteur…

« Un bon livre, Marcus, est un livre que l’on regrette d’avoir terminé. »

Et bien voilà ! Tout est dit et je suis d’accord !

Lorsque j’ai reposé ce roman, nul regret… plutôt un soulagement ! Enfin terminé !

 

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7 commentaires
  1. J’ai ce livre dans ma pal… mais là je suis de moins en moins motivée pour le lire !!!!

  2. Denis permalink

    Bonjour,
    J’ai lu ce livre cette semaine, prêté par un ami. Lecteur très occasionnel de roman (j’ai une prédilection pour les histoires vraies et les essais), je m’attendais à un livre divertissant, un suspense à l’américaine, avec sa dose d’adrénaline et de machinations sordides. Par principe, je ne lis jamais de critique avant d’attaquer un ouvrage, pour me faire une opinion libre, autant que possible, de toute influence extérieure.

    Je suis au final proprement sidéré qu’un ouvrage aussi médiocre puisse rafler autant de récompenses, en particulier le prix de l’Académie Française. La langue est pauvre, les dialogues d’un convenu digne d’une série B (et encore). Les personnages sont dans le meilleur des cas pas assez creusés (Luther Caleb, Tamara Quinn…) et dans le pire des cas totalement ridicules (la mère du narrateur). Le ressort de l’intrigue est cousu de fil blanc et le lecteur un peu rompu aux mécanismes des séries policières aura tôt fait de lever le lièvre.

    Pourtant, les ingrédients de base sont bons : l’amour interdit, la relation maître-élève, le passé obscur qui remonte à la surface, le fond boueux du marais sentimental des petites villes de province, rien ne manquait à la recette d’un polar nauséeux à souhait. Mais hélas, tout cela est passé à la Javel du politiquement correct, pour ne nous laisser qu’un arrière-goût désagréablement aseptisé.

    Là où l’on s’attend au soufre d’une relation quasi-incestueuse, partageant Harry Quebert entre raison et passion, esprit et sens, on écarquille les yeux devant la mièvrerie d’une bluette entre une adolescente et un trentenaire fringant, tous deux visiblement sous castration chimique tant la notion de désir est absente de cette prétendue passion dévorante. Plus que les quelques invraisemblances de l’enquête, c’est cette absence totale de charnelle humanité qui rend le livre froid au possible. Comment partager les tourments d’ Harry Quebert quand celui-ci ne montre aucun trouble devant le corps d’une adolescente que la société et la loi lui interdisent d’aimer ? Où est le tourment sans ce désir ? Sans tomber dans le sexe pour le sexe, l’auteur nous livre ici une idylle bien trop prude pour que l’on puisse y croire. Tout cela est trop platonique pour être scandaleux.

    En conclusion, « La vérité sur l’affaire Harry Quebert » me laisse un goût doux-amer. Ce n’est clairement pas l’ouvrage qui me convertira au roman français. Dommage, car la plupart des fautes sont d’ordre technique : une langue approximative, des ressorts narratifs trop apparents…tout cela se travaille et l’auteur, très jeune, a une réelle marge de progression. Il livre ici une oeuvre mal dégrossie, très juvénile qui révèle cependant un réel potentiel. Mais de là à en faire un Goncourt, fût-il celui des lycéens, il y a un gouffre.

    Le réel échec de ce livre, qui aurait pu être un polar estival sans vice ni vertu, est de ne jamais vraiment réussir à parler d’amour. Un manque de maturité, peut-être.

    • Je partage entièrement cet avis ! Merci d’avoir développé les raisons qui font que ce livre n’est pas un bon roman !!! je me sens moins seule, j’ai lu tant de critiques positives !!!

  3. Denis permalink

    Oui, nous sommes du même avis, pourtant, je le maintiens, il y avait matière à faire un grand, un très grand livre. J’ai eu le sentiment d’un vrai gâchis en fait. Les ingrédients viennent de chez Fauchon, mais final, on a du MacDo dans l’assiette.

    C’est un livre et un sujet trop ambitieux pour un auteur manquant de maturité, qui a eu les yeux plus gros que le ventre et n’a, à mon sens, pas osé être scandaleux. En un sens, c’est certainement ce qui lui a permis d’être populaire, car consensuel.

    Une relation comme celle de Nola et Harry ne peut être qu’extrême, dévorante, totale. C’est un amour qui brûle et chamboule toutes les certitudes il fallait stylistiquement et émotionnellement le prendre à bras le corps. Je ne préjuge pas de l’expérience sentimentale de l’auteur, mais je doute fort qu’il ait déjà vécu une vraie passion, ou alors, il ne sait pas nous le raconter…

    • Oui, je n’y avais pas pensé dans ce sens, mais la jeunesse de l’auteur et son manque d’expérience ont certainement nui à ce projet… Et puis, il faudrait qu’il travaille un peu son écriture !

  4. Absolument d’accord avec cet article et les commentaires ! J’ai moi aussi lu rapidement ce roman, mais il est très mal écrit, mièvre et convenu, même s’il est bien construit (et c’est ce qui en fait un « page turner »). Je ne comprends pas l’engouement qu’il a suscité. Je n’ai pas du tout envie de lire la suite.

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