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En vieillissant les hommes pleurent de Jean-Luc Seigle

11 novembre 2012

Un régal ! Ce roman est foisonnant d’intelligence et d’émotion.

 

C’est l’histoire d’un homme Albert, ouvrier chez Michelin, qui vit avec sa femme, sa mère et son fils de 10 ans à Assys. Son fils aîné, Henri, est en Algérie. Nous sommes en 1961, c’est la guerre. Un jour, la télévision fait son entrée dans la famille et dès lors, dès qu’il voit un reportage sur la guerre d’Algérie, son monde, déjà fragile, prend une autre tournure. Il comprend ce qu’il doit faire.

 

Ce roman se déroule sur une journée, il est fragmenté en plusieurs parties qui vont du lever du jour, à la nuit jusqu’au terrible lendemain matin. Plusieurs thèmes sont abordés : l’arrivée de la modernité, l’avènement de la société de la consommation, le rapport entre les générations, entre un père et son fils, entre un mari et sa femme, entre un fils et sa mère moribonde, la littérature et son utilité, l’Histoire…

 

J’ai été émue, transportée, bouleversée. Le passage le plus puissant du livre restera, pour moi, le moment d’intimité entre Albert, et sa vieille mère qui a perdu la tête… C’est un moment extrêmement pudique et en même temps tellement fort !

 

Et cette comparaison entre le roman de Balzac, Eugénie Grandet, et la situation familiale de son lecteur, le jeune Gilles, un enfant de 10 ans qui ne comprend pas tout du roman de Balzac mais qui en perçoit l’essentiel, l’indicible… c’est sublime. Albert, cet ouvrier qui n’a pas fait d’études est fasciné par le goût de son jeune fils pour la lecture. Il va l’aider, en lui trouvant un passeur, un homme avec qui il pourra échanger sur ses lectures. Car c’est aussi le roman de la transmission, du père au fils, de l’ancien instituteur à la retraite à ce même garçon…

 

Un roman à lire !

 

« Eugénie Grandet était le premier grand roman qu’il lisait, sans savoir que c’était un grand roman. Dès les premières lignes, sa confiance en ce qui était écrit grandit au fur et à mesure de sa lecture. Dans le livre, on ne parlait pas comme chez lui, à part Nanon peut-être, qui parlait un peu comme sa grand-mère. Les phrases étaient comme des routes de montagne avec des virages qui s’enchaînent les uns aux autres et au bout desquels se révèlent des paysages magnifiques. »

 

Merci au site Livrogne pour m’avoir donné envie de lire ce roman.

 

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