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La tristesse des anges de Jon Kalman Stefansson

3 novembre 2012

      « Mais celui qui ne franchit pas la distance qui mène vers l’autre voit ses jours s’emplir d’un son creux. »

 

J’avais beaucoup aimé son premier roman Entre ciel et terre, celui-ci est une suite, nous continuons à suivre le gamin qui, cette fois, va affronter les éléments naturels en compagnie d’un postier, un homme mutique et peu avenant.

La tristesse des anges, ce sont les flocons qui tombent du ciel, qui obstruent la visibilité, qui s’infiltrent dans tout le corps, flocons qui peuvent être légers ou pesants selon qu’ils tombent drus ou pas.

J’ai retrouvé l’écriture poétique de l’auteur, un beau texte très littéraire, mais je me suis essoufflée dans la tempête, trop de flocons, trop de glace, trop de paysages identiques, trop de mer glacée. Je suis une grande frileuse, moi ! Si j’ai été sous le charme de certains passages, de certaines phrases relues plusieurs fois pour les savourer, j’avoue avoir parfois été fatiguée de la longueur des marches dans la tempête de neige.

J’ai aussi été déçue par certaines réflexions de l’auteur, énoncées comme des vérités générales, parfois trop évidentes, trop simples. Son écriture est plus percutante lorsqu’il tend vers la poésie, vers une profondeur, lorsque ses mots transcendent la réalité. Par exemple, je suis restée de marbre devant : « […] le pouvoir engendre invariablement l’injustice et, bien que la vie soit probablement belle, l’être humain est bien imparfait. »

Mais je me suis délectée de :

 

« Les mots écrits peuvent avoir plus de profondeur que ceux qui sont dits, comme si le papier libérait des mondes inconnus, prisonniers d’un enchantement. Le papier est leur terre fertile. »

Ou encore : « L’homme meurt si  on le prive de pain, mais il dépérit et se fane en l’absence de rêves. »

Ou encore : « C’est ainsi, une lumière intense engendre des ombres profondes, une grande joie recèle en elle, quelque part, un grand malheur et le bonheur de l’homme semble condamné à se tenir à la pointe d’un couteau. La vie est assez simple, ce que l’homme n’est pas, ce que nous nommons les énigmes de l’existence ne sont que les enchevêtrements et les forêts impénétrables qui nous habitent. »

 

C’est, cependant, un beau portrait de l’Islande de la fin du dix-neuvième siècle, un monde rugueux, mais si proche de la nature, cette nature avec laquelle l’homme peut vivre en osmose mais qui peut tout aussi bien se révéler hostile, un monde de solitude dans lequel la mort est partout présente. « Ici c’est le calme, personne ne vient troubler notre tranquillité. Celui qui vit en ces lieux est libre. Ce n’est pas rien. », dit un personnage en réponse au gamin qui trouve que c’est un peu le bout du monde…

 

Un beau portrait d’hommes aussi. Des hommes qui mènent un combat contre la nature et contre eux-mêmes. Des hommes qui puisent au plus profond d’eux-mêmes des réserves insoupçonnées.

 

Un beau roman ! Sa lecture n’en est pas aisée, elle se mérite, et j’aime ça. Mais il est un peu long à mon goût…

 

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