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« Oh… » de Philippe Djian

30 septembre 2012

ohJe ne savais pas en ouvrant ce livre dans la nuit de vendredi à samedi que je ne pourrais le refermer avant le mot de la fin. Heureusement que je n’avais rien d’autre à faire ! Car, rien n’aurait pu arrêter ma lecture.

 

Ce roman est percutant. Il nous happe dès les premières pages, nous malmène, nous entraîne dans un tourbillon incroyable – et d’ailleurs, on ne remet jamais en cause la crédibilité des événements, ce n’est pas ça qui importe chez cet auteur – et on sort de là, hagard (e), et tellement heureux (se) d’avoir enfin lu un roman, un vrai. Loin des réflexions narcissiques de la plupart des auteurs à la mode, Djian sait construire une histoire, et surtout il a une écriture tellement précise, tellement juste, il sait mettre dans ses phrases un rythme tellement palpitant, tellement particulier, qu’il ne peut qu’emporter l’adhésion totale de son lecteur.

Le narrateur est… une narratrice de 50 ans, et là encore, Djian réussit à se mettre dans la peau de sa narratrice avec une facilité déconcertante. Combien de fois me suis-je dit : « oui, c’est ça, c’est exactement ça ! Je pense et ressens la même chose. »

Très souvent, je répète à mes petits élèves de CE 1 que lire c’est « se faire un film dans sa tête, l’histoire doit se dérouler dans la tête comme lorsqu’on est au cinéma ». Et bien Djian est l’auteur par excellence qui permet de « voir » le livre qu’on lit. Et cette magie s’opère grâce à son écriture, le rythme de ses phrases, leur construction maîtrisée, les mots toujours justes… Et aussi parce qu’il n’y a pas de chapitres, pas de saut de lignes entre les paragraphes, ce qui crée un mouvement qui empêche le lecteur de décrocher.

Djian est un magicien ! J’adore ! Dire qu’il va falloir attendre le prochain…

 

« Et tout à coup, il me vient à l’esprit que lorsqu’on en est à peser le pour et le contre avant d’entamer une relation, on met un pied dans le troisième âge – et même les deux. »

 

« Je suis très contrariée de la manière dont je réagis à cette histoire, de la confusion qui règne en moi et me donne chaque jour davantage le sentiment qu’elle m’échappe et s’obscurcit. Je déteste avoir à me battre contre moi-même, à me demander qui je suis. Ne pas avoir accès à ce qui est enfoui en  moi, si profondément enfoui que je n’en perçois qu’une infime et vague rumeur lointaine, comme un chant oublié, déchirant, totalement illisible, ne me facilite pas les choses. »

 

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One Comment
  1. Oui, ce roman-là est plus fort que Love Song!
    PS je parle moi aussi du film imaginaire à mes élèves!

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