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Avenue des géants de Marc Dugain

1 septembre 2012

Gallimard, 2012

 

Tout d’abord, je tiens à remercier Céleste pour m’avoir envoyé ce roman !

Magistral, ce roman est magistral !

Marc Dugain a romancé la vie d’un personnage réel, tueur pas ordinaire -2,20 m et un QI supérieur à celui d’Einstein- dans les années 60.

 

La qualité essentielle de ce roman réside dans son écriture et dans la construction du récit. L’auteur a réussi à s’immiscer totalement dans la peau de son narrateur. On suit le cheminement intérieur de cet homme qui pourrait nous apparaître comme un monstre, et qui, bien au contraire, suscite une certaine empathie chez le lecteur. Drôle de paradoxe ! Le personnage étant incapable d’éprouver une once de sympathie pour ses semblables.

Le lecteur en sait gré à l’auteur de n’avoir pas versé dans des descriptions horribles et morbides. La dernière partie de la vie du tueur, celle pendant laquelle il a tué (encore ! Il avait déjà tué ses grands-parents à l’âge de 15 ans, le jour où Lee Harvey Oswald lui a volé la vedette…) est assez courte. En peu de mots, le narrateur nous fait part des actes atroces qu’il a commis. Et tant mieux car ce n’est pas la partie la plus intéressante. Ce qui a captivé Marc Dugain, c’est la descente aux enfers de ce personnage, il a voulu comprendre et nous faire comprendre son parcours, son vain combat contre son mal intérieur. Il n’a jamais cherché à ménager un quelconque suspense sur la fin de son ouvrage (j’ai lu quelque part sur le Net qu’il était dommage de connaître ou de deviner la fin du livre, que ça enlevait du suspense…). Son but, je crois, était de nous dévoiler le parcours intérieur d’un tueur, de sa petite enfance on ne peut plus malheureuse et terrible jusqu’à sa vie d’adulte bancale, chaque épisode de sa vie ajoutant une pierre à son édifice déjà bien fragile jusqu’à ce qu’il sombre.

Marc Dugain en profite pour dépeindre, avec talent, l’Amérique des années 60-70, les mouvements hippies, la libération sexuelle, la guerre du Viet-Nam pendant laquelle l’acte de tuer était légal.

C’est un livre captivant et perturbant.

« Moi je sais pourquoi j’écris. Je veux juste recoller au train de l’humanité. »

La mère d’Al Kenner est bien plus antipathique que son fils, elle est la source de la plupart de ses maux :

« Je suis la première femme à avoir fait une fausse couche menée à son terme. »

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