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L’envers des autres de Kaouther Adimi

7 juin 2012

Actes Sud 2012

 

J’ai vu et entendu Kaouther Adimi au festival de musiques métisses d’Angoulême.

Cette jeune femme, de l’âge de mon fils (née en 1986), m’a totalement séduite avec son sourire, sa maturité, son regard sur la société algérienne… (Elle est bien plus pétillante que la gravité de son livre ne laisse présager)

Bien sûr, j’ai acheté son premier roman… Et je n’ai pas été déçue !

Roman polyphonique absolument remarquable ! Il ne m’a pas été facile de comprendre les liens entre les différents personnages, j’ai dû à plusieurs reprises revenir en arrière. Mais j’aime assez chercher… comme un jeu de construction. Ces voix ne se rencontrent jamais, elles se font écho, permettent au lecteur de comprendre la situation, sous ses différents angles.

Dans ce texte, il n’y a pas d’action (ou presque). L’auteure dépeint le tableau d’une société algéroise étriquée à travers le prisme d’une famille montrée du doigt par les voisins. La souffrance des uns, le mal-être des autres sont décrits avec justesse. La folie est une échappatoire, elle permet à quelques personnages de s’évader de cet enfermement dans lequel la société les plonge, mais malheureusement, tout le monde ne peut pas s’en sortir…

D’un regard sans concession sur son pays, Kaouther Adimi nous livre un petit roman poignant, sensible, violent, cru. D’une écriture subtile et concise, elle enveloppe le lecteur dans une atmosphère particulière, à la fois, lourde, pesante et d’une lucidité incroyable pour une jeune femme de cet âge. Seule la voix de Mouna, une petite fille de 9 ans, avec son innocence et sa fraîcheur, éclaire le livre d’un rayon de soleil.

 

« Ce n’est pas qu’elle est petite, c’est juste qu’elle n’est pas comme tout le monde.

En même temps, c’est quoi être comme tout le monde ? Si on en croit les professeurs, c’est faire toute une série d’actions, dans le bon ordre. Etre soit un homme, soit une femme, et se marier. Faire les courses. Avoir deux ou trois enfants. Les inscrire à l’école et leur acheter des livres. Travailler en même temps pour faire tout ça. Prendre un prêt bancaire pour avoir un appartement plus grand. Travailler plus, pour rembourser son prêt bancaire. Acheter une petite voiture. Voter. Marier ses enfants. S’occuper des petits-enfants. Mourir. Ne pas laisser de dettes en héritage aux enfants. »

 

« Il y a dans la nuit quelque chose qui m’attire. Un silence qu’on ne peut retrouver dans le jour. Une sensation d’épaisseur et de lourdeur difficile à définir. Une impression de finitude. J’aime attendre le lever du jour, voir d’un coup la ville s’éveiller. Il est plus raisonnable de dormir toute l’après-midi et de rester debout la nuit. »

 

Vraiment une très belle découverte.

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