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Les lectures des otages de Yôko Ogawa

28 avril 2012

Lémeac 2012

 

Quatrième de couverture : Huit touristes étrangers sont pris en otages.  Après une importante mobilisation médiatique, l’attention de la presse internationale se détourne. Seule une ONG présente dans la région poursuit sa mission et parvient à introduire un minuscule enregistreur dans une boîte de premiers soins transmise aux otages.

L’opération réussie, les écoutes commencent. A des kilomètres de là, un casque sur les oreilles, un jeune homme mobilise toute son attention sur des voix qu’il ne comprend pas, une langue qu’il ne connaît pas. Ces gens semblent dire, raconter, faire preuve d’une sincérité troublante. Tous les soirs, à la même heure, l’un d’entre eux prend la parole.

 

 

Quand on prend dans les mains un livre de Yôko Ogawa, on sait qu’on va être surpris, qu’on va être emporté dans un monde où l’étrange côtoie le quotidien. Et tout ça grâce à une écriture toute douce, qui nous rassure et nous inquiète.

Et bien là encore, nous voilà embarqué dans huit histoires très différentes qui ont pour point commun d’être racontées par des personnes banales, des personnes qui vont mourir (ce qui donne à leur récit une intensité particulière), qui ont vécu un moment atypique, rompant leur quotidien l’espace d’un instant. Il n’est pas un récit qui m’a déçue. Pourquoi chaque personnage a-t-il choisi de raconter ce moment de sa vie et pas un autre ? Comme un testament offert à ses proches…

 

« Mais ils avaient fini par accepter car la mise en lumière de l’existence de cet enregistrement devait inscrire dans le monde la réalité de la vie des êtres qu’ils avaient aimés. »

 

Bien sûr ce procédé m’a fait penser à Maupassant et ses contes dans lesquels chacun racontait un moment où il avait eu très peur. Mais ici, pas de drame, pas d’esbroufe, seulement des personnages qui se racontent, qui évoquent un moment de leur existence dans lequel ils ont franchi une barrière, leur barrière…

Et puis ces lectures seraient incomplètes, bancales, s’il n’y avait eu ce neuvième récit, qui clôt l’ensemble magnifiquement. Superbe construction !

 

« Quelque part dans un endroit lointain qui dépassait l’imagination, ces voix parvenant aux oreilles de quelqu’un qui ne comprenait même pas leur langue avaient tout d’une prière. »

 

J’ai été sous le charme, une fois de plus.

 

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