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Les veilleurs de chagrin de Nicole Roland

13 avril 2012

Actes Sud, 2011

 

 

Le titre d’abord, tout simplement superbe ! L’image… celle de ces personnes qui exhument des cadavres jetés dans des charniers pour leur redonner une place parmi les leurs.

« Les disparus ne seront plus condamnés à errer dans le chagrin de leurs proches. Ils reprendront leur place parmi eux, honorés dans leur mort qui pourra enfin être dite, pleurée, dépassée. »

Ce livre est un gros coup de cœur ! Une écriture magistrale, d’une finesse extraordinaire, ou tout n’est que suggestion. C’est un roman qui se mérite, qui se relit, dont on s’imprègne, et qui nous transforme.

Le lecteur plonge au cœur de la souffrance de sa narratrice, une anthropologue qui va participer à la reconstitution des corps exhumés des fosses au Kosovo. Des fantômes de son passé, aux fantômes de ces corps qu’elle met à jour, il n’y a qu’un pas. Les uns lui rappellent les autres. Elle est partie au Kosovo pour fuir sa mère morte vivante, ses souvenirs douloureux, sa séparation difficile d’avec son mari, la mort de son père. Elle vit entourée de morts.

Si je devais comparer ce roman avec celui que j’ai lu juste avant, je ne dirai qu’une chose : celui-ci est émouvant, bouleversant parce que son écriture est juste, elle nous dévoile l’intime sans nous l’assener. J’ai lu des pages extraordinaires, subtiles, sur la maladie d’Alzheimer, sur la vieillesse, sur la mort.

Esther, la narratrice, se livre à un psychiatre qui lui laissera entrevoir la lumière au bout du tunnel, après avoir « creusé avec ma pioche, ma truelle, ma souffrance, ma peur, pour dégager cette forme indéterminée qui m’enferme ; je l’ai déchirée au scalpel. J’ai mal à moi, à eux, j’ai mal, mais ma bouche tremble du désir de vivre. » Les paroles de ce psychiatre sont des perles posées le long du chemin, qui feront de cette exhumation, un collier d’espoir.

Ce n’est pas un livre à mettre entre toutes les mains. On n’en sort pas indemne. Toute cette souffrance !!!

J’ai découvert une auteure. Je pense que je vais lire rapidement son premier roman Kosaburo, 1945.

Céleste du blog Livrogne a beaucoup aimé aussi.

 

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