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Le quai de Ouistreham de Florence Aubenas

24 mars 2012

Editions de l’olivier, 2010

 

 

Tout le monde connaît ce livre : témoignage d’une journaliste qui a vécu six mois à la recherche d’un emploi dans la ville de Caen, et qui, jusqu’à ce qu’elle décroche un CDI, a enchaîné des remplacements d’heures de ménage.

 

« Aujourd’hui, on ne trouve pas de travail, on trouve des « heures ». p 134

 

Je me suis lancée dans la lecture de ce récit avec curiosité mais aussi avec appréhension. N’allais-je pas y trouver une certaine facilité à apitoyer le lecteur ? L’écriture journalistique n’allait-elle pas me rebuter ?

Ce texte est un témoignage important que beaucoup de cadres, de politiques (ceux qui soi-disants représentent le monde des non-nantis), de favorisés (comme moi) devraient lire, pour une découverte du monde de l’invisible. Il dénonce des réalités dont nous ne sommes pas toujours conscients, et que nous ne voyons pas. Qui connaît ces femmes de ménage qui travaillent de 5 h 30 jusqu’à l’ouverture des bureaux ? Puis les mêmes ou d’autres qui font le ménage de 19 h à 21 h 30 ? Ces personnes dont on critique le travail sans même les connaître, « un papier traîne sous un lit, le micro-ondes a été oublié, une marque strie un casier du frigo… »

Le temps d’abord : 3 min pour faire des toilettes, du sol au plafond, 2 h pour faire une série de bungalows, (alors que dans la réalité, il faut le double de temps, donc elles le font mais ne sont payées que sur le temps imparti), le temps perdu dans les transports pour se rendre d’un lieu à un autre.

Et puis avoir une voiture est indispensable, sous peine de quoi on ne trouve pas de travail. « Maintenant, j’estime que quelqu’un qui n’a pas le permis, c’est une difficulté de plus et je ne le prends pas. »

« Ca le rend dingue d’entendre à la télé les discours sur la bagnole, la pollution, la nécessité de prendre les transports en commun. »

Bien sûr, il est facile d’avoir de grands discours sur l’écologie quand on est un parisien nanti et que l’on n’a pas besoin de se déplacer dès 5 h du matin ou tard le soir, dans une petite ville de province.

C’est un livre qui a soulevé en moi, une fois de plus, des grandes bouffées d’exaspération, de désir de révolte. Qui peut comprendre ce monde-là s’il n’a pas lui-même vécu la même chose, les mêmes fatigues, la même faim, les mêmes fins de mois difficiles, s’il n’a pas subi la même indifférence… Florence Aubenas a eu le mérite de vivre ces moments, même si cela n’a duré que six mois, elle peut dans son livre nous faire part de la réalité de cette vie-là, avec sincérité, sans pathos, elle a vécu cette vie de l’intérieur, et ça vaut tous les témoignages de journalistes !

 

Ce livre est utile !

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