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La musique des Kerguelen d’Olivier Bass

14 mars 2012

Jolie découverte grâce au blog de Luocine qui en parle là.

 

C’est un premier roman édité dans une petite maison d’édition de La Rochelle spécialisée dans  les textes maritimes, La découvrance.

Pour un premier roman, quelle maîtrise de la narration ! L’histoire est prenante, pleine de suspense. Elle commence à Paris, le narrateur se rend à un concert, on y jouera Le premier Concerto pour violon de Chostakovitch. Cette musique évoque des souvenirs, une histoire qui est arrivée au narrateur 10 ans plus tôt, aux Kerguelen, lorsqu’il était lieutenant sur le Marion Dufresne… Et le roman se termine sur le même concert, la boucle est bouclée (un peu trop à mon goût mais bon… je ne vais pas faire la fine bouche).

Et plus que l’histoire, l’auteur a un très beau style, une belle écriture, fluide, fourmillant de belles images. Ensuite, il est nécessaire d’écouter le magnifique concerto de Chostakovitch !

 

Un extrait qui m’a donné envie d’en savoir plus sur le compositeur :

 

« Un soir de 1995, j’ai joué avec l’orchestre philharmonique de Saint-Pétesbourg la septième de Chostakovitch. Savez-vous ce que représente cette symphonie, Marec ? On dit que Chostakovitch l’a composée en juin 1941, alors que les Nazis franchissaient les frontières de l’Union Soviétique. On dit que c’est la symphonie qui parle le mieux des horreurs de la guerre. »

 

D’autres :

 

« La guerre c’est un enfant qui meurt de faim en essayant de téter le sein de sa mère morte deux jours auparavant, et qu’on achève d’un coup de crosse bien place parce qu’on ne peut rien faire de mieux. C’est cela la guerre. Ni plus ni moins. On ne devient pas un homme en la faisant : on devient un monstre. »

 

 » Les cartes … J’avais un mal fou à les ranger. Non par manque d’organisation, mais plutôt à cause d’un problème de distraction. J’aimais les parcourir comme on feuillette un livre d’images, et me promener sur le monde, libre de toute contrainte. Il me suffisait de tenir une carte dans les mains pour être irrésistiblement tenté d’en sortir une autre, et une autre encore. Je laissais mon imagination remonter les estuaires et se perdre dans les villes ou des forêts isolées, parcourir les mers à la recherche d’un port au nom familier pour avoir rêvé un jour d’y faire escale, traverser les océans à pas de géants ou à sauts de puce, en n’importe quelle saison, à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Et je me sentais chez moi partout dans le monde. J’adorais déballer les cartes. Je détestais les ranger. »

 

« Ils sont là et accordent leurs instruments au premier violon qui donne la note juste. C’est une musique de ruche. Le mouvement insensé de la foule où chacun vaque à ses occupations.

Le bruit diminue, les sons s’espacent. Quelques musiciens retardataires finissent de se préparer. Et le silence se fait. Un silence feutré, tiède, orangé. »

 

Depuis la lecture de ce roman, je ne cesse d’écouter Chostakovitch et j’adore ! Ce livre aura eu le mérite de me faire découvrir un compositeur fabuleux !

 

 

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