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L’armoire des robes oubliées de Riikka Pulkkinen

8 mars 2012

Traduit du finnois par Claire Saint-Germain, 2012, édité chez Albin Michel

 

 

Certains livres sont plus difficiles à fermer que d’autres.

Comme il fut dur de le quitter celui-ci !

D’abord la couverture ! Sublime ! Et tellement douce au toucher ! A l’image des mots qu’elle renferme.

On pourrait résumer ce roman en évoquant le secret de famille. Mais c’est bien plus que cela.

La narration est excellente, l’auteur alterne les époques et les narrateurs, on voit ainsi vivre les personnages aujourd’hui à l’âge mûr, voire à l’heure de leur mort, et hier, quand ils étaient jeunes adultes ou enfant. On ne s’y perd pas, l’auteur nous prend par la main et nous emmène dans son univers avec délicatesse.

Riikka Pulkkinen a un indéniable talent pour décrire aussi bien les amours naissantes, que la fin de vie d’une femme atteinte d’un cancer et qui nous donne une leçon de vie incroyable, que l’impossible vie de couple, que l’incompréhension entre une mère et sa fille, que l’attachement d’une jeune fille au pair pour la fillette dont elle s’occupe…

Les mots sonnent justes, et trouvent un écho chez le lecteur (en tout cas, chez moi !), à plusieurs  reprises, je me suis dit : « c’est exactement comme cela qu’il fallait le dire ! »

C’est un livre qui m’a bouleversée, mais duquel se dégage une douceur tranquille, point d’artifice, de grande tragédie, de grosses larmes tirées au lecteur (à la façon gros sabots Des petits mouchoirs…), tout est décrit avec finesse.

Et puis il y a d’excellents passages, comme celui où Anna et son grand-père inventent une vie aux passants qu’ils croisent. C’est frais, c’est amusant, c’est révélateur d’une grande complicité.

C’est un texte d’une beauté déconcertante. C’est aussi un magnifique voyage dans la Finlande des années 60.

A lire, si ce n’est déjà fait ! Allez hop, courez l’acheter, ou bien empruntez-le à la bibliothèque !

Quelques extraits :

 

« Il était parti au petit matin, avait marché sur la plage, regardé la mer, pensé que c’était le bonheur, que le bonheur ne pourrait jamais être davantage que ce sentiment d’étouffer et de ne plus pouvoir tenir dans ses limites. » p 386

 

« J’ai disparu, j’ai été emportée dans l’invisibilité. Quand j’arrive à Helsinki, je ne suis plus qu’une rumeur, une histoire que quelqu’un racontera un jour. » p 376

 

« Presque tous les romans comportent une histoire d’amour, la description de ses commencements. […] Moment où vous vous déprenez de vous-même et êtes tout à la fois effrayé et ravi. Vous comprenez qu’il n’y aura pas de retour, que tout a déjà fondamentalement changé. Vous comprenez que vous ne vous trouvez plus à l’endroit où vous croyiez être, mais déjà en route vers ailleurs. » p 112

 

« Je suis celle qui dessinera le chagrin sur le visage de la petite. Je l’ignore encore, de même que j’ignore qu’elle s’en tirera. Moi, je m’en sortirai moins bien. » p 101

 

 

 

 

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