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Journal d’un corps de Daniel Pennac

3 mars 2012

Gallimard, 2012

 

Ce que je retiendrai de ce roman : mes éclats de rire. Daniel Pennac, on le savait déjà, a énormément d’humour. Ce fut donc une lecture agréable, souvent drôle, parfois émouvante.

 

Journal d’un corps qui est un peu le nôtre, un peu le vôtre, à ceci près que c’est le corps d’un homme, mais je me suis retrouvée dans certaines descriptions, car nos maux sont universels, journal impudique mais pas vulgaire, tous les orifices sont explorés, disséqués, du corps jeune au corps qui se délabre… Oui, c’est un bel exercice que d’écrire la vie d’un homme à travers le prisme de son corps ! L’auteur ne cède jamais à la facilité de glisser vers l’esprit, c’est fort.

Mais, inévitablement, il y a beaucoup de descriptions de maux, de maladies. Ca aurait pu s’appeler « journal d’un hypocondriaque ». Je n’ai pas supporté la lecture d’un passage en particulier : le retrait d’un polype de sa narine gauche. C’était insupportable à lire, j’ai donc accéléré ma lecture. Si j’avais vu l’image sur un écran, j’aurais tourné la tête et attendu que ça passe en demandant à mon voisin de canapé ou de fauteuil, « ça y est, c’est fini ? Non ? Oh c’est long ! »

Le journal est parfois interrompu par des messages adressés directement à Lison, la fille du narrateur, à qui est dédié ce journal. J’ai beaucoup aimé l’avant-dernière note, celle qui explique le silence de 7 ans. On y trouve des réflexions comme « Du vivant de leurs corps nos morts tissent nos souvenirs, mais ces souvenirs ne me suffisaient pas : c’était leur corps qui me manquait ! […] Mes morts étaient les meubles ôtés qui avaient fait l’harmonie de ma maison. »

D’ailleurs, globalement, j’ai bien aimé la dernière partie « agonie », j’ai donc fini la lecture de ce livre avec enthousiasme, alors que je m’étais essoufflée auparavant, j’y avais trouvé quelques longueurs.

Conclusion : lecture distrayante, mais pas un coup de coeur. Du Pennac, pur jus. C’est un livre duquel on peut extraire un grand nombre de citations. En voici quelques-unes :

 

« Comme elle lui demandait pourquoi les hétérosexuels se convertissent si nombreux à l’homosexualité quand l’inverse est assez rare, il a répondu froidement : Pourquoi continuer à vivre en enfer quand on peut accéder au paradis ? »

 

« Chez l’homme, le jean a la particularité de se vider avec l’âge, et chez la femme de se remplir. »

 

« Pauvre médecin ! Passer sa vie à réparer un programme conçu pour merder. D’autres écrivent Le désert des Tartares. »

 

« Rouler sa chaussette » est tout de même plus joli que « décalotter ». Encore qu’il faille se méfier du joli en matière de physiologie. Et puis « décalotter » vous a un petit air de voiture décapotable qui ne me déplaît pas. »

 

Et puis cette réflexion intéressante sur la différence entre un journal intime et ce journal du corps :

« Je m’avise tout à coup qu’un journal intime aurait donné une tout autre image de notre couple. Nos agacements conjugaux, les supputations où me plongeaient ses silences […]Tu aurais eu droit à de lourdes tartines sur les affres de la « communication ». Ici, non. Le point de vue du corps est tout autre. J’ai aimé le sien jusqu’à la célébration. »

 

 

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