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Une bonne raison de se tuer de Philippe Besson

18 février 2012

Livre lu grâce à Babelio, dans le cadre de la sélection de Masse critique

« Je n’ai pas eu le choix, pardon. »

 

Ce roman, c’est d’abord une construction. Le livre se déroule sur une journée, deux lieux et suit deux personnages qui ne se croiseront qu’à la toute fin.

L’une, Laura, a l’intention de se suicider à la fin de la journée. Sa vie n’a plus aucun intérêt depuis que son mari l’a quittée, que ses deux enfants sont partis. « Non, en réalité, elle croit qu’elle était faite pour être femme au foyer et mère de famille. Que c’était cela, son identité profonde, sa vocation. Toute autre situation lui apparaît comme une incongruité. » Aujourd’hui, elle étouffe, elle n’existe plus.

L’autre n’a pas l’intention de se tuer, il doit juste apprendre à vivre autrement depuis le suicide récent de son fils. Apprendre à vivre avec cette absence. En attendant, aujourd’hui, il doit enterrer son fils.

Ce roman, c’est aussi un ton, loin des larmes (même si parfois quelques images un peu faciles pointent leur  nez), tout en retenue, un ton sobre mais efficace. D’aucuns pourraient trouver ça froid. Moi, il me convenait parfaitement, je n’aurais sûrement pas aimé ce roman s’il avait dégouliné de bons sentiments et de larmes faciles.

C’est aussi l’histoire de deux solitudes, au milieu de l’effervescence générale créée par l’élection de Barack Obama (c’est le jour des résultats), deux solitudes qui nous permettent de réfléchir sur les relations entre les être humains, deux êtres qui nous renvoient notre propre image, deux être ordinaires.

J’avais beaucoup aimé Son frère mais moins d’autres romans de cet auteur, alors j’avoue que j’ai ouvert ce livre avec une certaine appréhension. Le titre, d’abord, me faisait craindre un côté pleurnichard. Et puis j’ai eu peur, tout au long du livre, que la fin soit trop gentillette, genre « je veux me suicider mais je rencontre l’amour à l’avant-dernier chapitre, ce qui m’empêche de le faire. » Que nenni !

J’ai tourné les pages avec plaisir, sans lassitude, j’ai suivi ces deux personnages qui vivaient là la plus longue journée de leur existence, avec un intérêt croissant mais aussi curieux et méfiant (voir paragraphe précédent).

Ce fut un bon moment de lecture.

Un petit extrait :

 

 « Elle n’a pas eu tellement d’occasions pour la solitude ; non la solitude poisseuse de l’abandon, du délaissement, mais celle tranquille, harmonieuse où l’on se pose enfin, on respire, on se recueille, on est avec soi uniquement, dans un parfait retranchement. »

 

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