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Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois

31 décembre 2011

le-cas-sneijder

Titre : Le cas Sneijder

Auteur : Jean-Paul Dubois

Éditeur : L’olivier

Date de parution : 2011

 

 

 

 

 

Paul Sneijder est l’unique rescapé d’un accident d’ascenseur. Voilà le point de départ de ce livre unique !

J’ai retrouvé l’auteur d’Une vie française, avec son ironie, son humour grinçant, sa vision décalée du monde. J’ai énormément aimé ce roman. C’est une descente aux abîmes incroyable, et c’est écrit d’une façon magistrale.

La description de sa femme et des ses enfants est succulente, mordante, terrible.

J’ai souvent ri, souri, acquiescé, apprécié les traits d’humour. Quel moment de lecture ! Je n’avais pas ressenti pareille jubilation depuis bien longtemps. Oui, c’est ça, c’était jubilatoire.

Le narrateur nous invite dans son quotidien et en démonte tous les rouages. Il est lâche, supporte sans broncher les humiliations de sa femme. On souffre avec lui, on aurait envie de lui dire de se bouger un peu, de virer cette famille qui ne lui ressemble pas, parfois je disais au personnage : « mais pourquoi lui parles-tu à ta femme ? Pourquoi lui racontes-tu ça ? Ça va se retourner contre toi ! », et oui ce livre nous atteint, on est en parfaite symbiose avec le narrateur, car, en même temps, sa lucidité nous le rend fort sympathique. Et on aurait envie de sombrer dans la folie, à ses côtés avec une urne entre les mains. Dehors les bien-pensants, ceux qui se prennent au sérieux et qui pensent avoir toujours raison, ceux pour qui l’opinion des autres a tant d’importance, ceux qui veulent briller (mais qui sont éteints à l’intérieur) !

Et cerise sur le gâteau : Jean-Paul Dubois nous livre avec prouesse une analyse de notre société à travers le prisme de l’ascenseur, formidable !

« La verticalité était devenue toute-puissante. Elle incarnait la norme urbaine exclusive. L’ascenseur, instigateur de cet ordre, tenait lieu de pensée unique, de colonne vertébrale, de cœur battant, de poumon d’acier. »

Les pages 110, 111 et 112 sont des petites merveilles. Je ne vais évidemment pas tout recopier. Jean-Paul Dubois rend les ascenseurs responsables de l’organisation de notre société et donc de ses maux. Du grand art !

Vivre ensemble. C’était déjà impossible de coexister avec sa propre famille. La vie était un sport individuel. On pouvait mourir ensemble dans un ascenseur. Pas y vivre. Supporter l’autre était toujours un supplice intime. Surveiller son territoire. Recalculer sans cesse. Pour le reste les chiens chiaient. Et voilà tout.

Un coup de cœur pour moi !

 

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