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Ouragan de Laurent Gaudé

24 novembre 2011

Actes Sud, 2010

 

Jamais, jamais je n’ai été déçue par un livre de cet auteur. Et ce n’est pas avec celui-ci que ça commencera.

Chouette nous avons encore des romanciers français qui savent raconter des histoires sans parler d’eux !

Ce roman m’a coupé le souffle (normal pour un ouragan me direz-vous). Le sujet en deux mots : l’ouragan qui a secoué La Nouvelle-Orléans et la Louisiane.

 

Nous suivons plusieurs personnages :

Josephine Linc. Steelson, « négresse depuis presque cent ans », c’est la voix que j’ai préférée, un vrai lyrisme, la voix de la mémoire, elle se termine en un chant qui se mêle à celui d’une autre femme noire, Rose, celle qui depuis six ans ne vit plus qu’une existence terne et ravagée. Il y a aussi la voix d’un révérend, étonnante, illuminée, celle d’un détenu qui a réussi à s’évader de sa prison avec un groupe d’hommes mais pour quelle liberté, et puis celle de Keanu, meurtrie mais qui va redonner du sens à son existence en rejoignant Rose.

 

L’ouragan va permettre à tous ces personnages de se croiser, fugitivement, ou définitivement.

 

Magnifique roman polyphonique, il y a une vraie musicalité dans ce livre-là, la fluidité de la langue, l’enchaînement des voix, parfois entremêlées, les longues phrases seulement ponctuées de virgules, m’ont littéralement envoûtée.

 

C’est beau et cruel, c’est fort et violent, c’est puissant, c’est magique. Quelle débauche d’adjectifs pour essayer de mettre des mots sur ce que j’ai ressenti à la lecture de ce texte…

 

« Moi, Joséphine Linc. Steelson, pauvre négresse au milieu de la tempête, je sais que la nature va parler. Je vais être minuscule, mais j’ai hâte, car il y a de la noblesse à éprouver son insignifiance, de la noblesse à savoir qu’un coup de vent peut balayer nos vies et ne rien laisser derrière nous, pas même le vague souvenir d’une petite existence. »

 

« Après tout. Les hommes ne sont rien mais l’ont oublié depuis si longtemps que chaque soubresaut de la terre leur semble être un cataclysme. Ce n’est qu’un mouvement de vie plus sourd, plus lointain que le leur. Quelque chose au regard duquel leur vie d’homme n’est rien et ne compte pas. »

 

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