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Point de côté d’Anne Percin

14 novembre 2011

En ce moment, on lit beaucoup de billets sur le dernier roman de l’auteur, Le premier été. Il n’était pas disponible à la médiathèque, mais le bibliothécaire m’a conseillé de lire celui-ci pour me faire patienter, un roman pour ados.

Formidable ! Tout simplement juste. L’écriture est soignée dans le sens où elle permet au lecteur de ressentir tout ce que vit Pierre. Le narrateur est un jeune lycéen, qui « parle » comme les jeunes de son âge, mais qui sait aussi traduire en mots son malaise, ses sentiments ambivalents, la naissance de l’amour, le dégoût de lui-même, son mal-être.

Pierre a perdu son frère jumeau, mort dans un accident de voiture à l’âge de 10 ans. Il a décidé de mourir dix ans plus tard, à 20 ans exactement. Pour cela, il court, il fatigue son corps, jusqu’à perdre tant de poids qu’il deviendra anorexique. Et puis une rencontre lui redonnera goût à la vie. Mais attention, pas n’importe quelle rencontre (je ne peux pas en dire plus) et surtout elle lui permettra aussi de se connaître lui-même.

Évidemment raconté comme cela, on se dit que le sujet est « bateau », pas très original, et pourtant si ! Son traitement est original, on ne peut pas en dire beaucoup plus sous peine de dévoiler l’histoire. J’ai bien aimé assister à la re-naissance de cet adolescent mal dans sa peau, qui est souvent la risée de ses congénères. Livre pour ados, certes, mais audacieux, pas du tout convenu, et qui aborde tellement de problèmes liés à cet âge qu’il en est d’une richesse incroyable. Un très bon roman pour adolescents. Je n’ai qu’une hâte maintenant : découvrir l’écriture d’Anne Percin dans son dernier roman, Le premier été.

 

« Mon corps est infiniment plus fort que moi. C’est la jeunesse qui fait sa force. Mon corps ne peut pas s’entendre avec mon esprit, qui est vieux, ridé, fatigué. J’ai cent ans, j’ai dix-sept ans en même temps. Parfois le vieillard s’endort et je n’ai plus de prise sur mon corps. Gonflé du désir d’aimer, d’être aimé, je le caresse, de ces caresses que je n’ai jamais eues. Après j’ai honte. Honte de cette enveloppe de chair à qui je n’ai rien demandé, et qui n’arrête pas de supplier qu’on la touche. Parfois j’ai l’impression que tout mon corps hurle et crie famine, alors je suis obligé de lui donner une petite part de qu’il réclame. Je ne peux pas lui en fournir plus, et je n’ose pas chercher ailleurs. Sûrement que je ne sais pas m’y prendre. »

 

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