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Un été sans les hommes de Siri Hustvedt

23 juillet 2011

Actes Sud, 2011

 

Une femme d’une cinquantaine d’années ne supporte pas La pause que lui impose son mari. Elle décide de quitter son appartement pour passer l’été auprès de sa mère. Et elle en profitera pour initier un groupe d’adolescentes à la création poétique. Voilà, en gros, le propos du roman.

J’ai ressenti diverses impressions à la lecture de ce roman. J’ai tout d’abord été séduite par le ton de l’auteur, il y a beaucoup d’humour, un humour érudit, intelligent, fin, subtil.

Je me suis aussi sentie parfois stupide, inapte à comprendre certaines pensées de l’auteur.

La narration n’est pas linéaire, cela part un peu dans tous les sens, on passe d’un sujet à un autre sans transition, on est malmené par la narratrice qui est elle-même tourneboulée dans sa vie intime. J’ai donc parfois perdu pied.

Mais voilà, pour parler un peu de moi (ce qui m’arrive rarement, alors, faisons une exception) il m’arrive en ce moment de me réveiller la nuit et d’être dans l’incapacité totale de me rendormir. C’est alors que j’ai empoigné mon roman, pour aller m’installer dans mon canapé. Il était deux heures et demie du matin. Et alors, il s’est passé une chose formidable, je n’ai pu refermer mon roman avant quatre heures, (à quelques pages de la fin). Je me suis forcée à le poser pour tenter de me rendormir (et ça a marché !!! j’ai gagné deux heures de sommeil…), je n’avais plus envie d’en sortir, aussi je ne souhaitais pas le finir, il fallait que j’en garde un peu pour le lendemain, que je prolonge le régal.

J’ai donc passé une heure et demie dans un état d’euphorie incroyable, j’avais le sourire au coin des lèvres, et je savourais littéralement les mots de l’auteur, ses pensées, ses réflexions, son humour. J’ai adoré aussi la façon qu’a Siri Hustvedt d’apostropher son lecteur (ou sa lectrice).

Quelle écriture !

 

Certes, l’histoire est simple, mais tellement sensible, et les personnages dépeints ont tous une profondeur, une complexité, une fragilité, qui les rendent très humains, très attachants. C’est un livre plein d’émotions.

Cependant, j’aimerais bien lire un avis masculin sur ce roman, car il  me semble quand même que c’est un livre de femme écrit pour les femmes. Les hommes y trouveront-ils leur compte ? Seront-ils sensibles à cette écriture, à cette divagation de la pensée féminine, à cette reconstruction d’une femme meurtrie ?

Quelques extraits :

 

« Je pleurai dans les bras de Bea le soir de son arrivée. On penserait qu’avoir tant braillé et chialé pendant environ six mois m’aurait drainé les conduits et laissé les yeux à jamais endommagés par l’inondation, mais il semble qu’il existe des réserves inépuisables de la sécrétion salée et qu’elle puisse sans effets durables jaillir avec abondance à intervalles réguliers. Ce vieux temple de chair, en vérité, est une merveille.»

 

« Pour qui est sans préjugés, il n’est en art nul sentiment exclu de l’expression et nulle histoire qu’on ne puisse raconter. L’enchantement réside dans le sentiment et dans la façon de raconter, voilà tout. »

 

« … Dépouillés d’intimité et vus d’une distance considérable, nous sommes tous des personnages comiques, de risibles bouffons qui allons trébuchant dans nos vies en créant de beaux désordres en chemin, mais si l’on se rapproche, le ridicule vire rapidement au sordide, au tragique ou à la simple tristesse… »

 

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2 commentaires
  1. J’aime énormément Siri Hustvedt, pour moi, le meilleur est « tout ce que j’aimais ».

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  1. Siri Hustvedt, Un été sans les hommes | Lettres exprès

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