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L’élu de Chaïm Potok

5 juillet 2011

Calmann-Lévy, 1969

 

Rares sont les romans qui laissent le cœur et l’esprit dans un tel état !

Ce roman nourrit le lecteur de culture, d’intelligence, de générosité. C’est une pure merveille.

Deux jeunes gens se rencontrent à l’occasion d’un match de base-ball (on lit ce passage comme s’il se vivait devant nos yeux), l’un est issu d’une famille juive hassidique, il est fils de tzaddik (plus qu’un rabbin, un chef spirituel) et l’autre, qui a perdu sa mère, vit avec son père dans la tradition juive mais il est plus ouvert à la modernité, plus tolérant et il sera un fervent adepte du sionisme. L’élu est le fils du tzaddik qui doit lui succéder un jour, mais voilà, ses lectures vont l’emmener sur un tout autre chemin…

J’ai pris un grand plaisir à assister à des batailles d’interprétations du Talmud, j’ai appris un tas de choses sur l’histoire des Juifs, sur leur religion, sur la création de l’Etat Juif, sur la différence entre les hassidiques et les sionistes… mais pas seulement… ce roman est aussi une réflexion intelligente et sensible sur le sens de la vie, sur l’amitié, sur l’amour paternel et filial, sur l’éducation.

Chaïm Potok a la qualité rare de savoir raconter des histoires, même si ces histoires sont très éloignées de notre quotidien. On entre dans  un monde inconnu (la communauté juive de New-York pendant la seconde guerre mondiale jusqu’à la création de l’Etat d’Israël) avec une facilité déconcertante. Je n’avais aucune envie de quitter ce livre, c’est pourquoi j’ai pris le temps de le savourer, j’en ai même ralenti la lecture.

Et cerise sur le gâteau : des dernières pages du livre se dégage une telle émotion que j’en ai versé des larmes.

Un jour, il se mit à rire  et dit : « Cet homme est un tel ignorant, père ! » Je me mis en colère. « Regarde dans son âme, lui dis-je. Tiens-toi dans son  âme et tu verras le monde par ses yeux. Tu connaîtras quelle douleur il ressent à cause de son ignorance, et tu ne riras pas. »

 

« Un homme naît dans ce monde avec seulement une petite étincelle de bien en lui. Cette étincelle, c’est Dieu, c’est l’âme ; le reste est laideur et mal, une carapace. » […] « Oui, même le génie peut devenir une carapace, et éteindre l’étincelle. »

 

« On apprend à connaître la douleur des autres en souffrant soi-même, en découvrant sa propre âme. Et il est important de connaître la douleur. Cela détruit notre orgueil, notre arrogance, notre indifférence à l’égard des autres. »

 

 

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