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Les cerfs-volants de Romain Gary

30 juin 2011

Gallimard, 1983

J’ai été sous le charme, du début à la fin.

Sous le charme du style de l’auteur. Classique, sans fioritures, mais une belle expression, des longues phrases bien ciselées, une jolie musique qui s’en dégage.

« Je commençais à me sentir en effet coupable d’avoir commis la plus cruelle faute de toutes : celle dont on ne connaît pas la nature. »

L’histoire est étroitement mêlée à l’Histoire (le roman se déroule entre 1936 et 1945). Ludo, le narrateur, tombe éperdument amoureux de Lila Bronicki, jeune aristocrate polonaise. Un roman d’amour, donc, mais aussi un livre sur la liberté (symbolisée par les fameux cerfs-volants de l’oncle du narrateur), sur la mémoire et ses méfaits (la mémoire hors du commun de Ludo va l’empêcher d’oublier Lila et surtout va le faire passer aux yeux de tous pour un illuminé, comme son oncle), sur l’espoir.

Une galerie de personnages tous plus attachants et plus extravagants les uns que les autres : du facteur timbré Ambroise Fleury au restaurateur Marcellin Duprat qui veut continuer à assurer le prestige du Clos Joli, de la jolie et inconséquente Lila au passionné Hans, de la truculente Mme Julie au sombre Tad… Tous ces personnages qui donnent vie au roman, deviennent des êtres de chair à la lecture de leurs aventures.

Romain Gary est un magicien, un cuisinier des mots formidable, il m’a séduite, je l’avoue, avec ses mots, avec ses histoires de cerfs-volants, d’Allemands qui dégustent les repas du Clos Joli, avec ses réflexions sur la nature humaine…

« Et si le nazisme n’était pas une monstruosité inhumaine ? S’il était humain ? S’il était un aveu, une vérité cachée, refoulée, camouflée, niée, tapie au fond de nous-mêmes, mais qui finit toujours par resurgir ? Les Allemands, bien sûr, oui, les Allemands… C’est leur tour, dans l’histoire, et voilà tout. On verra bien, après la guerre, une fois l’Allemagne vaincue et le nazisme enfui ou enfoui, si d’autres peuples, en Europe, en Asie, en Afrique, en Amérique, ne viendront pas prendre la relève. »

Depuis que j’ai fermé le livre, il me prend l’envie, souvent, de l’ouvrir à n’importe quelle page, je relis un passage, un petit sourire au coin des lèvres, et les images surgissent à nouveau, celles qui me faisaient « partir à la poursuite du bleu ».

 

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One Comment
  1. J’ai également adoré, bien sûr !

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