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Cent ans de Herbjorg Wassmo

28 avril 2011

Quand je suis allée chez mon libraire, je lui ai demandé de me conseiller un très bon roman récemment paru. Il a alors brandi celui-ci en me disant qu’il n’avait pas lu de roman aussi bon depuis longtemps. J’ai donc succombé à la tentation et l’ai acheté (avec quelques autres parce qu’on n’achète jamais un livre tout seul…).

Et alors, me direz-vous ?

Et alors… Superbe !

Je ne connaissais évidemment pas cette auteure (bah non… j’ai appris, depuis, qu’elle avait déjà écrit des quantités de romans remarquables… mais je suis totalement ignare en littérature nordique).

J’ai lu sur certains blogs que ce livre-là était quelque peu autobiographique (ça me poursuit) mais si on ne le sait pas, ça ne change rien. C’est une grande fresque qui s’étend sur cent ans (comme son titre l’indique) et qui dépeint la vie de quatre générations de femmes : Sara Suzanne, Elida, Hjordis et Herbjog (l’auteure elle-même).

« Ma propre vie ne peut pas se transformer en littérature. Elle ne peut ni s’inventer, ni être racontée comme une vérité, ai-je d’abord pensé. Avant de comprendre que je pouvais en parler comme de toute autre chose que je raconte. Car où est la vérité absolue ? Nos pensées sont-elles fausses parce qu’elles sont incontrôlables ? Et nos actes, sont-ils plus vrais parce qu’ils peuvent être contrôlés ? Ils peuvent être complètement faux par rapport à ce que nous ressentons et ce que nous pensons. Jusqu’à quel point connaissons-nous quelqu’un à travers l’idée que nous nous en faisons ? »

C’est donc bien un roman.

Et c’est un roman totalement dépaysant qui se déroule dans le grand nord norvégien, et qui commence à la fin du dix-neuvième siècle. On suit les personnages avec intérêt, on se prend à souffrir avec elles, à comprendre ce qu’elles ressentent, à s’épuiser pour elles de devoir mettre au monde autant d’enfants, à se passionner pour leur vie dure et âpre, à admirer leur courage et leur ténacité.

Qu’est-ce qui fait de ce roman un chef d’œuvre ? (Si, si, je vais jusque-là !)

Un art de raconter, indéniable.

Et aussi, une façon de le raconter.

Le roman est partagé en six cahiers, et dans chacun d’eux, on suit le parcours de l’une ou l’autre des trois ascendantes de Herbjorg. Mais, et c’est ce qui fait le charme de ce livre, pas dans la continuité. L’auteure nous malmène dans le temps, mais sans nous perdre.

Quant à Herbjorg, elle distille des bribes de sa propre existence tout au long du roman, avec délicatesse et subtilité. Un vrai travail d’orfèvre ! On devine, on soupçonne, on comprend ce qui est dévoilé à demi-mot.

Un beau roman sensible et profond, intime et épique, mais toujours d’une grande sensualité.

 

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