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Olivier de Jérôme Garcin

23 avril 2011

olivier

Je dédicace cet article à Isabelle, une amie pour qui hier est toujours aujourd’hui, et à qui j’ai beaucoup pensé à la lecture de ce récit et du roman de Nicolas Fargues, Tu verras.

Ah la puissance des mots ! Ce récit autobiographique mais pas seulement (j’y reviendrai) est un véritable hymne à l’écriture.

Je ne savais pas que Jérôme Garcin maniait aussi bien notre langue. Les mots sont justes, les images très suggestives, les nombreux oxymores nous sourient, les descriptions de la campagne nous charment, tout au long de ce court récit.

L’écriture est un moyen, pour lui, de redonner vie à ce frère jumeau renversé par une voiture à l’âge de presque 6 ans, « d’exprimer ce dont on ne peut pas parler, pour libérer tout ce qui, en nous, était empêché, claquemuré, prisonnier d’une invisible geôle. […] Tu m’as révélé l’incroyable pouvoir de la littérature, qui à la fois prolonge la vie des disparus et empêche les vivants de disparaître. »

« Si le malheur absolu ne donne pas du talent, il révèle, dans la plaie vive, celui qui  était inexprimé. » Cette remarque s’adresse à Philippe Forest (auteur que j’ai maintenant très envie de lire) mais elle pourrait tout aussi bien s’adresser à l’auteur lui-même…

Ce récit est aussi prétexte à évoquer des textes littéraires, des auteurs qui ont subi la perte d’un enfant, de Victor Hugo à Philippe Forest, des écrits scientifiques sur la gémellité.

C’est un questionnement personnel mais tellement universel, une visite dans ses souvenirs à travers un texte qui s’adresse, avant tout, à Olivier.

Du rôle de Dieu à celui de la psychanalyse, de la condition des gémellaires à celle des singuliers, l’auteur partage avec Olivier, et donc, avec nous, lecteurs fortuits, ses interrogations, ses angoisses, ses doutes. Cette mise à nu ne nous permet-il pas de mieux nous comprendre ? N’est-ce pas le propre de tout écrit ? On y puise ce qu’on veut, ce dont on a besoin, on s’émeut, on s’interroge, on se remet en question, on cherche, on se cherche.

Et puis quelle franchise, quel regard sur lui-même :

« A mesure que je vieillis, je me sens gagné par un sentiment croissant d’incomplétude, une manière de boiterie, invisible mais récurrente. A vingt ans, pressé de vivre, je m’imaginais invincible et indivisible. Tu ne me manquais guère, trop occupé que j’étais à me préférer. »

 

« Ce tout petit tombeau de papier » nous ravit, nous touche, nous transporte. De bien belles pages !

 

 

 

 

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