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La terre fredonne en si bémol de Mari Strachan

21 avril 2011

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Traductrice : Aline Azoulay, éditions Nil, 2011

Le roman commence par un vol :

 

« Chaque nuit, je vole pendant mon sommeil. […] Quand j’ai enfin réussi, j’ai abandonné tout le lit à Bethan et je suis montée en flèche vers le ciel, portée par l’air du soir, aussi léger et chaud qu’un duvet. J’ai tendu l’oreille vers la ville endormie, en bas, et écouté son souffle délicat, rhh, pfff, rhh, pfff. Et tout autour de moi, la terre chantait. »

Mais c’est aussi une enquête sur la mort du mari de l’institutrice de Gwenni, c’est aussi le roman des secrets que tout le monde connaît à sa façon et qui se dévoilent au grand jour, c’est aussi un roman d’initiation. Situé dans les années 50, dans un petit village du pays de Galles, ce livre nous plonge dans un univers totalement dépaysant et on vole avec Gwenni au milieu des secrets, des non-dits, des chiens noirs qui n’en sont pas, des enfants qui posent des questions essentielles sur la vie, la mort, la notion de péché…

Voilà un roman sympathique ! J’ai passé un très très agréable moment à le lire. Une cinquantaine de pages avant la fin, j’ai même refermé le livre, je l’ai posé dans un coin, pour retarder le moment de le quitter tout à fait.

Cette histoire est racontée par une petite fille de douze ans, et on a vraiment l’impression d’entendre (ou plutôt de lire) la voix de la fillette. La réussite de ce roman tient surtout au talent de l’auteur pour se glisser dans l’esprit d’une gamine qui ne comprend pas tout ce qu’elle voit et entend. On découvre ainsi progressivement des secrets, on élucide un meurtre au rythme de l’enfant, et même si nous, lecteurs, comprenons avant l’enfant ce qui s’est passé, on aime suivre son cheminement et on se plait à mener l’enquête avec son innocence.

C’est un roman frais et en même temps terrible. Mélange d’onirisme et de cruauté, on oscille sans cesse entre les deux. C’est subtilement dosé et ça rend le roman à la fois gai et triste, agréable et dérangeant, à l’image des parents de l’enfant : un père doux et patient, une mère folle et agressive.

 

« Tout là-haut, loin du monde, la nuit est paisible et je n’entends rien d’autre que le fredonnement de la terre. A l’école, quand j’ai chanté la note à M. Hugues du cours de musique, il m’a dit que c’était un si bémol. »

 

« Est-ce qu’on devient une personne différente quand on est fou, ou est-ce qu’on est une autre version de soi-même, avec tous nos mauvais côtés grossis comme à la loupe ? « 

 

 

 

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