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L’origine de la violence de Fabrice Humbert

1 mars 2011

J’avais décidé de travailler aujourd’hui, c’est-à-dire, corriger quelques textes d’enfants, préparer quelques séances de français ou de maths, ranger, classer, mais voilà, hier soir, je me suis endormie après avoir commencé une lecture du roman de Fabrice Humbert. Alors, ce matin, au réveil, sitôt le petit déjeuner avalé, j’ai fait ce que je n’aurais pas dû faire si j’avais été une enseignante sérieuse, j’ai attrapé mon livre, je me suis installée sur le canapé devant le poêle et j’ai ouvert L’origine de la violence. Je l’ai refermé pour déjeuner, et je l’ai repris, dans la même position.

Toute cette description ennuyeuse pour dire que ce livre m’a fascinée.

Dans un style impeccable, l’auteur nous livre une histoire puissante basée sur un secret de famille tout en menant, adroitement, une réflexion sur la violence ou plutôt sur le Mal qui est en chacun de nous, en chaque nation et qui peut émerger à tout moment.

C’est aussi une réflexion sur l’écriture :

« – Être écrivain, ce n’est pas fouiller dans la vie des autres, c’est avoir de l’imagination, c’est inventer. Tu es jeune et tu passes ton temps avec les morts. Depuis ton enfance, tu es dans les livres, tu ne vis jamais toi-même, tu vis par procuration. »

« Un écrivain est un être bifide : lorsqu’on le croit investi dans l’action, il mène une autre vie, repliée, solitaire, réflexive et cette ombre qui le double a autant d’importance que la vie réelle. »

Un roman qui nous tient en haleine d’un bout à l’autre, avec finesse, profondeur, intelligence, largement documenté. Une vraie pépite ! Ca, c’est de la littérature !

La seule chose que je regrette, c’est de n’avoir pas eu le courage de lire ce roman avant… Car oui, je l’ai souvent pris en main, reposé, ne sachant pas s’il me plairait (à cause du thème, de la densité du texte). Quelle erreur !

Un livre à lire si ce n’est déjà fait.

 

Encore un court passage qui m’a amusée :

-[…] comment peut-on confier la famille à des gens qui n’ont jamais lu Flaubert ? dit mon grand-père en souriant.

– Le monde tourne comme cela maintenant. Bientôt, plus aucun dirigeant n’aura lu Flaubert.

– C’est bien pour cela que le monde va si mal. Et je ne plaisante qu’à moitié.

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