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No et moi de Delphine de Vigan

28 février 2011

J-C Lattès, 2007

 

Qu’est-ce qui fait qu’un roman est classé en littérature jeunesse ou adulte ?

 

La narratrice du roman a 13 ans, elle est surdouée, certes, mais elle a la naïveté et la vision simpliste et utopique des personnes de son âge. Ainsi elle se dit : « On est capable d’envoyer des avions supersoniques et des fusées dans l’espace, d’identifier un criminel à partir d’un cheveu ou d’une minuscule particule de peau, de créer une tomate qui reste trois semaines au réfrigérateur sans prendre une ride, de faire tenir dans une puce microscopique des milliards d’informations. On est capable de laisser mourir des gens dans la rue. » Bah oui. La pauvreté, c’est pas bien, il faudrait que tout le monde mange à sa faim, qu’il n’y ait plus de misère dans le monde… On est bien d’accord…

 

Classer un livre dans la littérature ado n’est nullement péjoratif pour moi, puisque je suis capable de m’emballer pour des romans de cette catégorie avec autant d’enthousiasme que lorsque je lis un roman dit « adulte ». Mais là, je me suis clairement posée la question… La frontière est mince. Lorsque je lis un roman estampillé « ado », je sais à quoi je m’attends et je ne lis pas le roman de la même manière. Tout ça n’est qu’une affaire de catégorie, certes, mais qui, finalement, a son importance.

 

Ce roman se lit facilement, d’une traite, il provoque de l’émotion chez le lecteur. Il traite d’un sujet délicat : les sans-abris. Mais avec une simplicité dans le propos qui m’a un peu gênée. Il me semble que ça manque de profondeur. Sur le même sujet, j’ai largement préféré A l’abri de rien d’Olivier Adam ou Le soleil des mourants de Jean-Claude Izzo.

 

Les personnages sont assez caricaturaux : le jeune Lucas, beau, insolent, qui plaît à toutes les filles mais qui n’a d’yeux que pour la petite fille de 13 ans, « sa pépite » ; la mère de Lou, dépressive suite à la mort de son bébé qui va « se réveiller » grâce à la présence de No ; un père qui « assure » mais qui mettra No à la porte quand celle-ci dépassera les limites fixées ; et Lou elle-même, petite fille perdue dans ce monde d’adultes qui vont mal.

 

Heureusement que la fin n’est pas complètement heureuse ! Sinon, le roman aurait été totalement raté. Une fin à l’eau de rose aurait tout gâché.

 

C’est donc un bon roman pour adolescents, d’une lecture agréable et fluide, qui joue essentiellement sur la corde sensible de notre être, sans tomber dans le pathos, avec suffisamment d’humour pour qu’on ne verse pas de larmes. Quoi que…

C’est un conte de fée moderne qui ne finit pas par « ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants. »

 

Avec des petites phrases qui font mouche :

 

« Noël est un mensonge qui réunit les familles autour d’un arbre mort recouvert de lumières, un mensonge tissé de conversations insipides, enfoui sous des kilos de crème au beurre, un mensonge auquel personne ne croit. »

 

 

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