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La vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe

13 février 2011

janvier 2011, traduit de l’anglais par Josée Kamoun

C’est l’histoire d’un homme seul, dépressif de 48 ans. Dit comme ça, on pourrait penser que ce livre est lugubre, qu’il dépeint encore les méandres d’un esprit faible, qu’on va lire du Olivier Adam anglais (n’y voyez aucune ironie, j’aime beaucoup les romans d’Olivier Adam).

Et bien non, ce livre est drôle ! Le narrateur interpelle régulièrement le lecteur. L’auteur nous ballade d’une histoire à une autre, nous emmène sur de fausses pistes, nous mène en bateau, nous étonne. Jusqu’à la fin qui est, à mon sens, très réussie !

Malgré cet aspect léger, Jonathan Coe nous laisse réfléchir sur les relations humaines, sur notre société bâtie sur des faux-semblants, sur la condition des hommes, sur la création littéraire.

J’ai beaucoup souri ou ri, surtout au début du roman. Le narrateur enchaîne les rencontres toutes plus étonnantes les unes que les autres, à commencer par celle d’une belle femme chinoise et sa fille, qu’il observera sans leur parler, de Poppy qui est « facilitatrice d’adultère », de Charlie Hayward avec qui il va voyager en avion, et là je n’en dis pas plus car l’effet de surprise serait gâché.

Le moment le plus pathétique est le dîner entre Maxwell Sim et sa fille. Aucune communication possible, c’est pitoyable et en même temps tellement proche de la réalité… Combien de fois ai-je vu dans des restaurants des gens vivre la même situation : chacun recevant des textos mais ne pouvant malheureusement pas entrer en réelle relation. L’un pose des questions, l’autre répond de façon laconique, montrant ostensiblement qu’il n’a aucune envie de vivre cet instant comme un moment vrai de partage, la fille préfère tapoter sur les touches de son portable… C’est horrible parce qu’on se dit que ça pourrait être nous.

Et puis la narration : Jonathan Coe intercale une lettre, une nouvelle, et bien d’autres textes… qui nous donnent des informations sur le narrateur, sur son père, ou sur sa femme. Imbriqués subtilement dans le récit, ces apports extérieurs, nous permettent de mieux comprendre les personnages et les relations qu’ils entretiennent. D’ailleurs Maxwell Sim en apprend autant que nous à chaque fois et il est plaisant de voir l’effet que produisent ces textes sur lui.

Non, vraiment, c’est un livre très plaisant, qui nous offre un regard cuisant sur notre société de la communication, vous savez, celle qui enferme les gens dans une solitude toute nouvelle et bien réelle.

Un petit extrait :

« Bon, la vérité, vous la voyez d’ici et à l’œil nu. Il y a une formule, un cliché pour décrire sa situation : elle était en train de rebondir. Je lui ai plu parce que j’étais gentil avec elle, et parce que je la cueillais au creux de la vague, et puis aussi parce que j’étais sans dout moins mal dégrossi, moins dépourvu de tact que les autres types à la cantine. N’empêche, avec le recul du temps, il est clair que nous ne boxions pas dans la même catégorie. »

« Fabriquer des contes pour gagner sa vie, vous ne trouvez pas que c’est une activité peu reluisante ? »

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One Comment
  1. je l’ai lu mais sans l’avoir apprécié..

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