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Les hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra

24 décembre 2010

C’est le premier volume d’une trilogie dont j’ai commencé à lire le troisième roman il y a environ deux ou trois ans, Les sirènes de bagdad, puis le second L’attentat. Ces deux romans m’ont énormément marquée. L’auteur, avec son style impeccable, nous permet d’entrer dans le conflit Orient-Occident avec tact, subtilité. Il n’y a pas de bons et de mauvais, il y a des hommes qui vivent dans le malheur, qui souffrent et qui essaient de s’en sortir par quelque moyen que ce soit. On ne peut ni condamner, ni approuver, juste écouter, ressentir…

Avec ce premier volume, Yasmina Khadra nous plonge dans l’horreur de l’Afghanistan des Taliban. La femme n’est rien qu’une chose qu’il faut cacher sous un ample morceau de tissu. Zunaira dit :

« Une tunique de Nessus ne causerait pas autant de dégâts à ma dignité que cet accoutrement funeste qui me chosifie en effaçant mon visage et en confisquant mon identité. […] Avec ce voile maudit, je ne suis ni un être humain ni une bête, juste un affront ou une opprobre que l’on doit cacher telle une infirmité. »

L’homme ne peut ni rire, ni écouter de la musique, et pourtant « la musique est le véritable souffle de la vie. On mange pour ne pas mourir de faim. On chante pour s’entendre vivre. » Il devient dur, sans émotion aucune, « son cœur se fossilise », car il ne faut rien ressentir qui ne soit contraire aux lois des Taliban.

C’est un monde terrible, obscur. Là une lapidation, là des femmes violentées, là des hommes qu’on fouette, là des propos terribles sur les femmes ; la femme d’Atiq est malade, il en est malheureux et on lui prodigue ce conseil : « Répudie-la et offre-toi une pucelle saine et robuste, sachant se taire et servir son maître sans faire de bruit. »

Et, tout d’un coup, au milieu de ce monde de ténèbres, la voix d’une femme s’élève, qui crie des mots d’amour. Une voix superbe et optimiste qui touche le cœur et l’âme.

Un livre court mais intense, puissant, qui nous transporte. Le monde est cruel, les hommes sont fous mais au milieu de ces êtres qui nous terrifient, vivent des pépites. C’est elles qui nous redonnent de l’espoir. «J’ai dit, c’est la preuve qu’une lueur d’humanité subsiste encore en lui. Je suis venue souffler dessus jusqu’à ce qu’elle devienne plus vaste que le jour. »

 

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