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Black-out de Sam Mills

19 décembre 2010

La quatrième de couverture m’a attirée : Stefan, seize ans, vit avec son père, libraire, dans une Angleterre qui a bien changé : des attentats terroristes ont conduit l’Etat à une politique sécuritaire effrayante. Sous prétexte de protéger les citoyens, le gouvernement les contrôle en permanence, les privant de toutes leurs libertés. Les livres sont les premières victimes de ce climat de terreur : tous les classiques de la littérature sont réécrits, expurgés de ce qui risquerait de « corrompre les esprits »… La conscience de Stefan est tiraillée lorsqu’il découvre que son père cache un supposé terroriste… Et son esprit est troublé lorsqu’il se met à lire, pour la première fois, des livres interdits, dont il ne connaît que les versions « officielles ». Une découverte bouleversante…

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Un livre d’anticipation qui peut éclairer notre présent et notre rapport à la littérature. Voilà un sujet qui se promettait d’être intéressant.

Des Récrivains éliminent des livres tout ce qui peut être subversif, dangereux pour les jeunes générations. On veut leur inculquer la peur de l’Etat, le respect des lois, et surtout éviter qu’ils aient un quelconque sens critique. Cela a évidemment fait résonner en moi des choses telles que… les nouveaux programmes de l’école élémentaire dans lesquels on laisse davantage de place aux exercices automatiques et qui ne demandent aucune réfléxion plutôt qu’aux activités qui laissent aux esprits la possibilité de réfléchir, de remettre en question certains principes etc… Bref ! J’y ai vu ce que je voulais bien y voir !

En dehors de ces considérations personnelles, ce roman est un excellent thriller, haletant, qui ne laisse au lecteur aucun répit. Les personnages sont complexes et ambigüs, personne n’est tout noir ou tout blanc, comme le personnage d’Omar, très ambivalent qui suscite en nous (et en Stefan) autant d’attrait que de répulsion. C’est aussi un livre qui pose la question du recours ou non à la violence pour contrer l’Etat qui a supprimé toutes les libertés.

Et puis c’est un roman qui incite à lire d’autres romans : 1984 de George Orwell, par exemple, que j’ai maintenant envie de relire. L’attrape-cœurs de Salinger que je n’ai jamais lu et que j’ai follement envie de lire ! Ou encore Sa majesté des mouches de William Golding

Un livre qui donne envie de lire, n’est-ce pas fabuleux ?

A lire donc, absolument, pour grands adolescents. Ma fille de 18 ans l’a adoré. Et elle, qui ne lit pas tant que ça, a dévoré celui-ci en deux jours (400 pages quand même) !

 

Des extraits :

 

Les livres disaient peut-être des mensonges, les mots étaient peut-être ambigus, mais la plus grande des fictions pouvait révéler les plus grandes vérités d’une manière dont les journaux étaient incapables.

 

Mais, personnellement, je pense que nous avons besoin de liberté à tout prix, même si le résultat est l’anarchie. L’Etat n’est pas là pour prendre la place de Dieu et nous priver de notre libre arbitre. Si nous avons été chassés du jardin d’Eden, c’était pour faire nos propres choix.

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