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Sukkwan Island de David Vann

26 août 2010

 

Gallmeister, 2010

 

Quel roman ! On n’en sort pas indemne.

Je rappelle brièvement l’histoire : un homme et son fils de treize ans partent vivre pour un an sur une île du sud de l’Alaska, dans une cabane isolée, loin de tout, ravitaillés de temps en temps par un hydravion.

Mais l’homme est torturé, tourmenté et le fils vit assez mal les défaillances de son père. Malgré tout, il reste, même quand il a l’occasion de quitter l’île.

Pendant toute la première partie, on se demande de quelle façon l’aventure va se terminer pour les deux personnages. L’ambiance est pesante, le rythme est lent, mais quelques éclaircies nous permettent aussi, à nous lecteurs, de respirer, de reprendre haleine.

Et là, coup d’éclat : cette partie s’achève sur un événement auquel on ne s’attend pas (j’ai relu le dernier paragraphe plusieurs fois pour vérifier que j’avais bien compris) et la seconde débute par des descriptions à peine supportables, des détails sordides, écœurants et, malgré tout, on poursuit la lecture, avide de connaître la suite. On entre dans l’intimité du personnage mais pas assez à mon gré, j’aurais eu envie de le connaître davantage, de mieux comprendre ses peurs, ses angoisses, son mal être, de vivre le personnage de l’intérieur.

Il est terrible ce roman parce qu’une fois qu’on l’a ouvert, on ne peut plus le refermer et on est sans cesse partagé entre le dégoût, l’agacement (le père s’apitoie sans cesse sur lui, il est lâche et veule), et la soif de lire, à la recherche de  la sortie du tunnel (mais il n’y a pas d’issue à l’enfer). On est littéralement emporté contre son gré. Je n’ai pourtant pas eu l’impression d’avoir été envoûtée par le style de l’auteur, aucun passage que j’ai eu le désir et le plaisir de relire, non il fallait que j’avance toujours, encore et encore, un peu comme le personnage dans la seconde partie qui marche, qui avance, qui fait des choses sans savoir vraiment si elles ont du sens, si ça vaut le coup.

Impression étrange. Fascinée et souvent écœurée. J’en sors hagarde.

« Peu lui importait le paysage s’il devait l’admirer seul. »

 

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